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Dom Mabb

1996  -  avril 2003
 

Web 1996

Texte présenté à la fédération du Calvados du Parti Socialiste :
Amendement sur le mariage gay (Convention sur la mondialisation 1996) :
 

MOTION
 

Nous souhaitons que soit ajouté à la loi, les 2 articles suivants;

- Toute personne remplissant les conditions d'âge prévues au présent code peut contracter mariage sans considération de sexe.

- Il ne peut être fait référence à leur appartenance au même sexe pour refuser quelque avantage que ce soit à des personnes vivant en concubinage.

Considérés comme conséquence de l'article 8 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme qui interdit aux États signataires de s'immiscer dans la vie privée de gens (exemple du transsexualisme avec changement d'état civil).


Cette motion a été adoptée sous forme d'un amendement à l'amendement lors de la Convention sur la mondialisation, en 1996, par la fédération du Calvados du Parti Socialiste, aprés avoir pris connaissance des 3 argumentaires annexes suivants:

- L'article paru dans "Le Monde" du 1 mars intitulé: "Pour une reconaissance légale du couple homosexuel", de P.Bourdieu, J.Derrida, D.Eribon, M.Perrot, P.Veyne, P.Vidal-Naquet.

- La résolution du Parlement Européen sur l'égalité des droits des homosexuels et des lesbiennes dans la communauté européenne, votée le 8 février 1994 à Strasbourg.

- La proposition de Contrat d'Union Social formulée par le Collectif pour le Contrat d'Union Civil et par AIDES fédération nationale.

Rapporteur : Dom Mabb
 
Web 1997

Texte présenté à la fédération du Calvados du Parti Socialiste (Congrès de Brest)

  Contribution de philosophie politique intitulée

LE  POUVOIR

par Dom Mabb

----- 1997 -----
 

Table des matières

     I) LA POLITIQUE ou LES 4 FAUTES EMBLÉMATIQUES DU POLITICIEN ORDINAIRE

     II) LA VÉRITÉ ET LE POUVOIR

            1.  La Vérité
            2.  La légitimité
            3.  Le pouvoir
            4.  Le pouvoir de la morale
 



CHAPITRE I

LA POLITIQUE  ou  LES 4  FAUTES EMBLÉMATIQUES DU POLITICIEN ORDINAIRE.


"La politique n'est pas une technique de domination mais l'art de la liberté. " (G. Chatelet)


Les idéologies politiques n'appartiennent à personne car elles résultent toujours d'un long processus de maturation dans l'inconscient collectif portant sur des siècles d'histoires. La première faute du politicien commun est de s'approprier l'idéologie à son Moi, entraînant folie des grandeurs et folie de la persécution. Cette faute est la mieux représentée par l'image du prince, le prince qui dicte la loi qu'il croit sienne par orgueil, or qu'elle lui a été insufflée par le Saint-Esprit....

Le but de la politique se résume en trois mots : Liberté, Egalité, Fraternité. La liberté est le pouvoir. L'égalité est l'égalité du pouvoir et l'égalité du devoir. La fraternité est le devoir de solidarité. Ces trois principes politiques de bases, exprimés sommairement à travers une grille de lecture établie lors de la révolution française, sont universels. (Néanmois cette unversalité fait partie d'un système de pensée qui, lui, n'est pas universelle.) La notion centrale de la politique n'est pas l'homme mais le pouvoir. C'est pourquoi il ne faudra pas accorder à la politique, la plus haute marche de l'esprit. L'homme induit évidement des exigences minimales d'où émanent les idéologies minimalistes, mais n'est véritablement présent que dans le coté inconscient de la politique, qui consiste à définir les règles morales des acteurs, et qui recoupe le domaine de la religion. Le côté conscient de la politique, quant à lui, qui consiste à définir les règles légales de chaque instances de la société, redistribue le pouvoirs aux individus. La politique ne définit pas le bonheur des hommes, mais leur liberté, qui se trouve être leur pouvoir. La seconde faute, dans l'ordre d'importance, consiste à minimiser le côté obscur du pouvoir et de penser que l'honnêteté intellectuelle suffit pour assurer l'honnêteté tout court, cela aussi bien pour soi que pour les autres. On la représente par l'image de l'apprenti-sorcier.

Le but d'un parti politique est d'infléchir de façon durable la politique du pays dans un sens souhaité, décliné par une interprétation de l'intérêt général. Aussi les élections ne constituent pas un but en soi, mais un moyen. Par contre, dans un clan, on agit pour l'intérêt commun restreint au clan que constitue la conquête du pouvoir. Le pouvoir une fois conquis perpétue les traditions dont le clan est porteur. La troisième faute est de porter les couleurs d'un clan, entraînant l'aliénation aux traditions du clan et le détournement du but noble du parti politique pour des intérêts limités. C'est l'image du vassal, celui qui fait allégeance à un pouvoir quelque peu occulte.

On peut distinguer deux types d'activités politiques parfois non cumulables que sont la négociation, et la dénonciation. Les groupes dénonciateurs sont là pour interpeller l'opinion publique qui joue le rôle de la toile de fond en donnant le la des négociations avenirs. Les groupes négociateurs sont là pour convaincre par la dialectique. Sans l'un inutile de négocier et sans l'autre c'est jouer la politique du pire. La quatrième faute est d'opposer l'un à l'autre. Elle est le mieux symbolisée par le serpent.




CHAPITRE II

LA VÉRITÉ ET LE POUVOIR.

 

1) La Vérité:

Un accord, un jugement, un indice, une découverte... sont les facettes d'une même entité que l'on appelle vérité. Chacune d'entre elles n'en approchent pas d'avantage la vérité ; Une découverte peut être erronée ou illusoire, un indice peut être truqué ou le résultat d'une coïncidence fâcheuse, un jugement peut être trop sévère, et un accord désignant un intérêt commun peut être trompeur par hypocrisie ou malentendu...

La recherche de la vérité, sa motivation et son aboutissement, sont décrits par le mythe de l'ange déchu. Il n'en est pas exactement de même dans d'autres civilisations. Mais les thèmes mythiques ont une concordance que l'on retrouve. La chute de l'ange, le péché d'orgueil qui constitue la prémisse de la religion chrétienne, transporte par le biais de la métaphore, la problématique de la Vérité qu'il est extrêmement difficile de poser dans sa globalité. Aussi aurons nous quelque fois recours aux mythes pour pouvoir évoquer des questions métaphysiques.  

Principe qui nous empêche de connaître la vérité:

La vérité se dérobe toujours car notre recherche va influencer à la fois notre perception et l'objet sur lequel elle s'exerce, et l'on ne pourra plus discerner ce qui émane de l'objet ou de nous-mêmes.


C'est pour tenter de remédier à cette influence que s'établissent les règles méthodologiques (règles pour connaître la vérité).

Une des plus ancienne règles utilisée pour connaître la vérité dans le cas d'un dilemme opposant 2 partis est le jeu de pile ou face : Le hasard ayant l'avantage de se tromper qu'une fois sur deux. Or s'il fallait s'en remettre à une commission pour trancher le dilemme, il s'avérait que celle-ci se trompait beaucoup plus souvent qu'une fois sur deux. Parce que la commission était inévitablement soumise à l'influence des partis les plus puissants qui pour d'autres raisons métaphysiques s'avéraient beaucoup plus souvent coupables.

Ces règles sont remises en question en en proposant d'autres prétendues plus efficaces, et l'absence de propositions alternatives vaut leur légitimité. Cet exemple caricatural montre quel type de règles il s'agit, de règles précisant la forme et non le fond, et issues non pas de principes "moraux" mais de principes "constitutionnels" (au sens où ces règles fondent la légitimité de l'instance auquelle elles s'appliquent).

Ces principes "constitutionnels" que l'on pourraient qualifier de "méta-moraux", préservent l'aspect véridique des avis et des preuves. Il sont aux nombres de trois, référant à l'indépendance, à la concordance et à la séparation :

I) Principe d'indépendance:

Le caractère véridique d'un avis est renforcé lorsqu'il est le résultat d'un accord entre un grand nombre d'individus, issus de chemins différents indépendants les uns des autres, et isolés de toutes influences.


II) Principe de concordance:

Le caractère véridique d'un avis est renforcé lorsqu'il est la conclusion concordante de plusieurs démonstrations basées sur des indices ou des théorèmes distincts.


III) Principe de séparation:

La preuve est pourvue d'un caractère de validité supérieure lorsque sa découverte et ses évolutions sont faites par des instances séparées exerçant un contrôle mutuel par leurs tâches de natures distinctes, car cette séparation permet d'obtenir une vue objective sur le fonctionnement interne et dissuade toute tentative de manipulations.

 

2) La légitimité:

A une autre époque, les règles constitutionnelles étaient la plupart du temps implicites et toujours d'une extrême simplicité, tel le règlement d'une opposition par le duel. Le pouvoir a besoin à certain moment d'appuyer ses décisions par un consensus plutôt que par la force. Dans de pareil cas, la règle utilisée, façonnée par l'histoire, proposée par les factions dominées, s'illustre remarquablement dans l'image du duel, car tout autre règle leur accordant quelque faveur discrétionnaire aurait pu être utilisée à leur défaveur, et l'aurait été. Nous pourrions dire sous forme d'un sophisme que les règles constitutionnelles résultent des exigences méthodologiques des dominés tout au long de l'histoire.

Ainsi toute instance s'astreignant a respecter certains de ces principes acquière une certaine légitimité. Un groupe statistiquement représentatif, par exemple un échantillon constitué par tirage aux sort, peut revendiquer une certaine légitimité puisque satisfaisant au premier principe. De même, les personnes ont une certaine légitimité sur leur travaux, car la réussite de leur travaux constitue la démonstration de faisabilité par l'expérience, et donc obéit au principe de concordance. De même, si des groupes de personnes se constituent en plusieurs instances séparées s'exerçant un contrôle mutuel par leur tâche respective, par exemple les uns sont auteur de texte d'organisation, les autres sont ceux qui les interprètent, l'appareil ainsi constitué acquière une certaine légitimité car obéissant au principe de séparation. Mais la véritable légitimité nécessite de respecter formellement les trois principes.

Ces principes, malgré leur simplicité conceptuelle, sont très difficiles à mettre en oeuvre : Le principe de séparation exige qu'il n'y ait aucun lien ni affectif ou d'intérêt lointain susceptible d'influencer consciemment ou non la décision. Regardez par exemple les exigences de non parti pris qui s'exerce sur les juges.... Le principe de concordance exige des démonstrations, et quoi de plus difficile que des démonstrations.... Le principe d'indépendance, quant à lui, exige que les personnes soient libres et différentes, ce qui est sans doute la chose la plus difficile à obtenir.... Le suffrage universel pour les élections, le recours à des conseils paritaires... relèvent du principe d'indépendance. La double écriture en comptabilité, le respect des engagements de l'Etat, des jurisprudences... relèvent du principe de concordance. La séparation des 3 pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire, relève du principe de séparation.

3) Le pouvoir:

L'analogie entre Vérité et Pouvoir s'illustre naïvement par la connaissance procurant un pouvoir et vice-versa. Mais ce qui nous intéresse ici est une analogie plus profonde touchant aux principes sous-jacents précédemment décrits. La liberté est un pouvoir. L'argent, les titres sont des pouvoirs. Le vote, la parole, l'autorité morale, le statut, la propriété, les privilèges, les services proposés..., sont des pouvoirs et obéissent à des principes généraux :  

Principe de concentration:

Le pouvoir a tendance à ce concentrer où qu'il soit et d'autant plus vite qu'il est déjà concentré, qu'il est obscure, et que sa nature est complète (nous entendons par nature complète, qu'il recouvre toutes ses formes). La cause est analogue à celle qui nous empêche de connaître la vérité : Tout homme qui prétend contrôler son pouvoir est dans l'illusion, car il ne peut séparer ce qui émane de son pouvoir de ce qui émane de son jugement.

Le pouvoir se personnifie et développe ses propres raisons, sa logique, et son imaginaire, et par le fait de son importance grandissante vis-à-vis de celle de l'individu, fini tout simplement par le remplacer. Dans l'imagerie mythique, on le représente par l'Orichalque, une pierre précieuse, une icône magique qui capte et concentre le pouvoir émanant du Soleil jusqu'a devenir totalement incontrôlable. Il ne s'agit nullement d'une faute originelle ou innée restreinte à l'homme, mais il s'agit du côté obscur du pouvoir, du côté obscur de la Lune dirait le poête, du fait de l'impossibilité de contrôler son propre pouvoir sans avoir un point de référence exterieur.  Le pouvoir non assujeti est la source du mal au sens manichéen du terme, car il n'existe pas de ìfauteî s'il n'y a pas d'intention ni de pouvoir, et l'on défend ici la thèse que l'intention émane du pouvoir.

Le but de la politique, comme nous l'avons vu au premier chapitre, est de redistribuer le pouvoir aux individus et de leur donner un devoir de solidarité. Le devoir n'est pas la contrepartie des pouvoirs accordés, elle constitue un but premier en soi comme l'est le pouvoir (la liberté) et l'égalité. Ce qui différencie l'idéologie de "droite" de celle de "gauche", est qu'elle reporte ce but naturel de la politique depuis la révolution française, à un futur lointain dérogeant à la règle présentement, en vu d'aller plus vite vers un accroissement de la somme des pouvoirs. Sorte de fuite en avant vers une utopie libérale que l'on n'atteindra jamais et qui justifie tous ces corps atrocement mutilés laissés sur le bord de la route..., c'est le mythe de la Tour de Babel. L'injustice se justifiant dans le présent pour l'accès à un paradis futur. Il nous faut renoncer à cette course effrénée du pouvoir et concentrer nos efforts a sa répartition et à son contrôle.

Pour contrecarrer le principe de concentration du pouvoir, il faut nous astreindre à trois principes, analogues à ceux qui nous permettaient d'approcher la vérité:

I) La répartition du pouvoir:

Le pouvoir doit être également réparti, permettant aux individus d'être libres, égaux et indépendants.... Il doit fonder sa légitimité sur le principe d'indépendance.


II) La clarté du pouvoir:

Le pouvoir doit agir selon des règles, arguments et preuves qui doivent être écrites et publique, il doit respecter les lois et leurs logiques.... Il doit fonder sa légitimité sur le principe de concordance.


III) La séparation des pouvoirs:

Le pouvoir doit être divisé en plusieurs instances séparées exerçant un contrôle mutuel par leurs tâches de natures distinctes.... Il doit fonder sa légitimité sur le principe de séparation.

On regroupe la clarté et la séparation des pouvoirs en un concept dit de contrôle du pouvoir. Le contrôle du pouvoir peut être présenté comme un mécanisme anti-corruption, qui assure la non-existence de connivences cachées entre les divers instances et acteurs qui composent ce pouvoir ou qui s'y réfèrent. Le but de la politique sur le pouvoir est d'en assurer sa répartition et son contrôle, soit d'une façon imagée, de dénouer le Noeud gordien que constitue le pouvoir dans notre monde de communication....

4) Le pouvoir de la morale :

L'individu possède un système de valeur qui lui permet de décider plus ou moins rapidement ce qu'il doit faire ou ne pas faire selon des intérêts particuliers, selon des règles de conduites, selon une morale, une religion. Pour tous hommes, en dehors des contraintes auquelles ils ne peuvent se soustraire, ce n'est pas la loi qui détermine leurs réactions lors d'événements contingents, mais ce sont leurs systèmes de valeurs qu'ils ont incorporés tout au cours de leur vie, et qui les guideront. La légalité dicte le fonctionnement des instances. La morale dicte les actes individuel des hommes. La loi est écrite, est unique, ne contient que peu d'ambiguïtés, et elle est imposé à tous. Par contre la morale est en grande partie non dite, n'est pas unique, est souvent contradictoire, et elle est ancrée dans l'inconscient des personnes, enracinée dans la psyché collective. Il existe plusieurs niveaux de psyché collective restreints à la famille, aux groupes, à la nation, en références des quelles on pourrait définir une morale; morale nationale ou patriotisme, morale familiale, morale relative à un groupe ou à un clan...

Le pouvoir d'un individu n'est pas restreint uniquement par la loi, par sa fortune, ses privilèges, ou les services qui lui sont proposés, mais est aussi restreint par son inconscient, par la construction intérieur qu'il s'est faite du monde et qui lui permet de percevoir qu'une partie de la réalité. L'émancipation passe non seulement par l'obtention de droits nouveaux mais surtout par la rupture des chaînes intérieures qui entravent la liberté : Les ìesclavesî sont autant prisonniers de leurs préjugés que des lois qui les maintiennent dans leurs statuts iniques. Mais plus encore, ils sont esclaves de la vision inconsciente que les autres ont d'eux : De même que l'esclave ne peut envisager sa liberté, l'autre ne peut envisager de l'aider à acquérir cette liberté. Le pouvoir de la morale peut asservir les esprits d'une manière extrême, ce que la loi n'a pas prétention, maintenant par exemple un système de caste en Inde, ou un système sexiste dans les pays musulmans, désignant dans d'autres contrées un boucémissaire ou un ennemi, allant au meurtre ou au génocide.

L'énergie nécessaire, pour rompre des chaînes intérieures est puisée dans l'inconscient. Lorsque l'individu brise un certain nombre de tabous et d'interdits intériorisés, par une induction plus profonde encore, il est envahi par le doute dans son action. Il ne s'agit pas d'un doute nihiliste, ni d'un remords, mais d'une remise en cause d'un système de valeur par un autre sytème naissant et non encore achevé, qui se concrétise justement par cette action transgressante, transgression encore plus forte puisque le doute qui l'accompagne est l'opposé de la foi et du dogme religieux qui fonde toute morale (à l'époque d'Antigone). C'est le mythe d'Antigone. Le revers de cette émancipation est qu'Antigone perd sa confiance qu'elle avait envers ses prôches. D'où l'importance de ne pas opposer émancipation et solidarité.

L'individu se rebelle contre l'autorité si celle-ci est divisée en deux parties et qu'il peut exploiter cette division pour justifier son refu d'obtempérer, opposant l'autorité de l'une à celle de l'autre, ou s'appuyant sur une autre autorité qui peut être morale comme précedement. Dans tous les cas, la liberté de rébellion s'apuie sur d'autres devoirs et obligations, constituant par là, le paradox de la liberté.

Le côté inconscient de la politique, comme la religion, fonde la morale qui exerce un pouvoir diffus et incertain sur les esprits. On retrouve donc une même problématique du pouvoir et de la vérité mais sur un autre plan, dans un plan philosophique et onirique, religieux, en dehors du temps.


Dom Mabb
 
Web 1998

N 3

CONVENTION NATIONALE SUR L'ENTREPRISE


Déposée à la Fédération du Calvados le 9 novembre 1998

PROPOSITION D'AMENDEMENTS
du texte d'orientation proposé par le Conseil national du Parti Socialiste,
et publié en annexe du N 78 de l'hebdo des socialistes du 23 octobre 1998,

PRÉSENTÉE PAR

Dom Mabb

--

EXPOSÉ DES MOTIFS

 

MESDAMES, MESSIEURS,

Le Parti Socialiste est amené par le biais de cette convention à prendre position sur un certain nombre de questions idéologiques et éthiques sur l'économie, rarement évoquées, qui donc engageront le parti pour de nombreuses années, et dont les réponses sont trop souvent accordées aux experts économiques qui ne remettent pas en cause le fonctionnement de l'économie sur lequel ils s'appuient.

Il est parfois préférable de procéder à une approche plus modeste, de ne pas trancher des questions éthiques inutiles pour le positionnement du parti, minimisant ainsi le risque de manoeuvre causée par les pressions des lobbies économiques. Mais si des thèmes sensibles et marqués d'une certaine coloration politique, sont abordés, il devient alors nécessaire de les contre-balancer par d'autres thèmes aussi sensibles qui lèvent l'ambigu té et repositionne l'orientation politique sur les fondements du socialisme.

L'expert en économie s'appuie sur des faits, son argumentaire s'évertue à justifier l'état présent à partir des états antérieurs de l'économie. Ce n'est pas parce qu'un système économique existe qu'il est bon. L'expert seul est handicapé pour proposer une alternative économique.

L'orientation politique du parti doit être autonome des projets gouvernementaux, certes amicale mais autonome, car le gouvernement est celui de la France et non celui du Parti socialiste. Il est non seulement le résultat d'une alliance tripartite rouge-vert-rose, mais il représente la France : Il est responsable de la politique qu'il mène, devant le parlement, et devant le peuple. Aussi ce ne serait pas lui rendre service que d'aligner nos principes idéologiques sur son programme de gouvernement, celui-ci étant le résultat, en partie, d'un compromis avec les différentes composantes de la société. Notre alignement tirerait encore d'avantage ce compromis vers l'opposition (regroupant les forces archa ques de la société et les intérêts économiques puissants).

Il ne faux pas s'effaroucher de voir apparaitre de-ci de-là des idées novatrices éloignées des préoccupations gouvernementales du moment, et d'y voir là aucunement une quelconque attaque, mais au contraire, une sollicitation et un encouragement à adopter une politique plus offensive.

A cotés des 6 amendements nationaux de la Gauche socialiste, revendications concrètes et essentielles, inscrites dans l'évolution historique du travail, aboutissement de nombreuses années de lutte syndicale, et que la plupart de nos dépositaires soutiennent sans condition, il nous est apparu absolument nécessaire de modifier et de rééquilibrer un certain nombre d'idées dans le texte proposé par le Conseil National du 17 octobre 1998, qui rendaient mal à l'aise le lecteur. Nos amendements portent une attention particulière à des questions de principe, des détails abstraits relevant de l'idéologie qui n'ont aucune conséquence pratique immédiate, mais qui sont là pour rendre le texte plus agréable à lire, de telle sorte qu'il ne laisse pas un goût amer plein d'incertitudes, et ont l'avantage de préciser la pensé directrice....

 

PROPOSITION D'AMENDEMENTS

 

INTRODUCTION

1. UN MONDE EN MUTATION (p9).

Dans le 2ième paragraphe, à la dernière phrase, remplacer : "qui s'impose à tous" par : "qui tente de s'imposer à tous".

2. UN NOUVEAU CONTRAT AVEC LES ENTREPRISES (p10).

Dans le 2ième paragraphe, remplacer la fin : "ou le considérerait comme un problème purement technique." par : ", mais de rappeler qu'elle l'érige comme un moyen subordonné à un impératif beaucoup plus fondamental : celui de donner du travail justement rémunéré à tous ceux qui le souhaitent.".

Dans le 3ième paragraphe, à l'avant dernière phrase, remplacer : "nos valeurs de liberté et de solidarité." par : "nos valeurs de liberté, d'égalité, et de solidarité.".

Et à la dernière phrase, supprimer le mot "économique".

I
FAVORISER LA CRÉATION D'EMPLOIS DANS LES ENTREPRISES

1. METTRE LA FISCALITÉ AU SERVICE DE L'EMPLOI (p11).

A la fin, Ajouter les 3 sections suivantes (extrait d'un article d' IGNACIO RAMONET, Le monde diplomatique - décembre 1997) :

h) Suppression des "paradis fiscaux"
Les paradis fiscaux sont autant de zones où règne le secret bancaire, qui ne sert qu'à camoufler des malversations et d'autres activités mafieuses. Des milliards de dollars sont ainsi soustraits à toute fiscalité, au bénéfice des puissants et des établissements financiers. Car toutes les grandes banques de la planète ont des succursales dans les paradis fiscaux et en tirent grand profit. Pourquoi ne pas décréter un boycottage financier, par exemple, de Gibraltar, des iles Ca mans ou du Liechtenstein, par l'interdiction faite aux banques travaillant avec les pouvoirs publics d'y ouvrir des filiales ?

i) Augmentation de la fiscalité des revenus du capital
La taxation des revenus financiers est une exigence démocratique minimale. Ces revenus devaient être taxés exactement au même taux que les revenus du travail. Ce n'est le cas nulle part, en particulier dans l'Union européenne.

j) Taxation des transactions financières.
La liberté totale de circulation des capitaux déstabilise la démocratie. C'est pourquoi il importe de mettre en place des mécanismes dissuasifs. L'un d'entre eux est la taxe Tobin, du nom du Prix Nobel américain d'économie qui la proposa dès 1972. Il s'agit de taxer, de manière modique, toutes les transactions sur les marchés des changes pour les stabiliser et, par la même occasion, pour procurer des recettes à la communauté internationale. Au taux de 0.1%, la taxe Tobin procurerait, par an, quelque 166 milliards de dollars, deux fois plus que la somme annuelle nécessaire pour éradiquer la pauvreté extrême d'ici au début du siècle 1.
De nombreux experts ont montré que la mise en œuvre de cette taxe ne présente aucune difficulté technique 2. Son application ruinerait le credo libéral de tous ceux qui ne cessent d'évoquer l'absence de solution de rechange au système actuel.

L'Europe, première puissance économique, devra montrer l'exemple, et user de la suprématie de sa monnaie, pour l'étendre progressivement au reste du monde.

note 1 : Rapport sur le développement humain 1997, Eonomica, Paris,1997
note 2 : Cf. Mahbub Ul Haq, Inge Kaul, Isabelle Grunberg, TheTobin Tax: Coping with Financial Volatility, OxfordUniversity Press, Oxford, 1996. Lire Le Monde diplomatique, fevrier1997.

2. AIDER A LA CRÉATION D'EMPLOIS NOUVEAUX (p13).

c) Aider au développement de l'insertion par l'économique (p13).

Dans le 1er paragraphe, remplacer la dernière phrase : "Nous récusons cette fatalité." par :

Nous préférons rejeter la contrepartie et nous contenter d'une moins grande efficacité : L'efficacité économique est au service de l'homme, et non l'inverse. A contre-pied de l'efficacité économique, notre choix est pour le développement durable.

Ajouter une nouvelle section avant celle intitulée " Promouvoir l'économie sociale (p14)." comme suit :

Promouvoir l'économie solidaire

Un système d'économie qui n'est pas régulé par les marchés mais par des décisions solidaires et démocratiques, prises au niveau locale tenant compte des rétributions et de l'apport de chacun.

L'économie solidaire se différencie de l'économie libre "en intégrant les négociations commerciales dans sa gestion politique". Elle s'appuie sur des liens de proximité privilégiés et veut réguler son activité non pas par la loi de l'offre et de la demande libre, mais par une gestion locale démocratique préservant l'intérêt de trois parties en présence que sont ; 1- les actionnaires au sens élargie (ceux qui apportent les capitaux ou les biens ou les services nécessaires pour le fonctionnement de l'entreprise), 2- les travailleurs, 3- les clients fidèlisés. Ces entreprises possèdent des Conseils d'Administration tripartites contenant les représentants des actionnaires, des travailleurs, des clients, et quelques sièges supplémentaires pour des personnalités extérieures. Elles peuvent être clientes, sous-traitantes ou actionnaires d'autres entreprises adeptes de l'économie solidaire et être donc représentées dans leurs CA respectifs. Les clients, les travailleurs, et les actionnaires sont engagés à des devoirs envers leurs entreprises; devoirs de fidélité, de responsabilité..., donnant une plus-value incontestable à l'infrastructure.

Les entreprises adeptes de l'économie solidaire ne sont pas conditionnées par l'unique usage de la monnaie. Elles utilisent allégrement et de façon mixte des paiements, en nature, en bons de service.... Leur gestion est difficilement compatible avec le secret des salaires, des rentes et transactions attribués à chaque travailleur, actionnaire et client. Car Leur gestion est mise à plat régulièrement lors du réexamen de l'orientation politique de l'entreprise, renégociant conventions salariales, conventions de l'actionnariat, et conventions de la clientèle. Certaines de ces entreprises sont subventionnées par les collectivités locales au titre d'activités culturelles ou autres, et échappent au paiement des taxes car leur activité relève de mécanismes de solidarité et d'entraide et non d'une activité commerciale proprement dite.

Les prix ainsi que les dividendes, des biens fabriqués ou des prestations de services offertes, sont déterminés non pas par les enchères du marché mais par la négociation en CA. Ainsi ils intègrent les contraintes structurelles, privilégient l'infrastructure avant l'efficacité économique, et permettent le développement durable. Car l'infrastructure possède une grande inertie, or le frêle équilibre de l'offre et de la demande n'en possède pas. L'infrastructure par le biais de ses instances politiques, les CA, défend l'intérêt général permet l'initiative et veille à l'égalité des avantages de chacun , cela sur l'ensemble de ses proches composantes, ce que le libre échange est incapable de mettre en úuvre.

Les entreprises adepte de l'économie solidaire peuvent prendre des formes très variées. Lorsqu'il s'agit d'artisans ou de travailleurs indépendants, l'économie solidaire prend une autre apparence tels les S.E.L., Système d'Entraide Locale, basés sur l'échange de service, en créant des bons spécifiques comptabilisant ces échanges. Ces S.E.L constituent des réseaux économiques plus ou moins bouclés sur eux-mêmes, protégeant contre la concurrence étrangère et assurant un minimum d'emploi de ses adhérents.

Une part importante de l'économie qui, par sa nature, s'avère dotée d'une clientèle fidèle structurée par de forts liens de proximité, est encline à adopter ce mode de fonctionnement. Ce qui manque, c'est l'organisation, l'encadrement de leur fonctionnement, par le biais d'une action publique volontariste et déterminée. Les marchés considèrent ces types d'économie solidaire comme une atteinte à la libre concurrence, et mettent tout en úuvre pour empêcher leur développement. Ainsi les exemples d'économie solidaire restent parsemés et à de très petites échelles. Des procès pour concurrence déloyale intentés à leur encontre par les tenants de l'économie libérale, ont été rejetés par la cour d'appel de Toulouse. L'Etat doit protéger ces types d'économie solidaire, et leur donner un cadre légal.

3. PENSER LA NOUVELLE ORGANISATION DU TRAVAIL (p14).

b) Anticiper l'émergence de nouvelles formes de travail (p15).

Juste avant la section intitulée : " la pluriactivité se développe ainsi avec des réalités diverses.", ajouter la section suivante :

Une révolution : l'apparition du travail non-lucratif et des biens gratuits.

Les moyens technologiques de communication et de traitement de l'information permettent de mettre en oeuvre des ouvrages de façon quasi-automatique puis de les dupliquer à l'infini et de les communiquer à toute personne qui le souhaite pour un coût finalement rendu quasi-nul. Cela peut être des logiciels, des livres, des textes, des images, des sons, des informations de toutes sortes, tout ce qui peut se communiquer par télétranscription. C'est ce qui bouleversera complètement les conceptions du travail dans les 10 ans à venir. Déjà, par le biais d ëinternet, circulent des logiciels de haut niveau technique, dans le monde entier, en licence quasi-libre c'est à dire utilisables gratuitement par n'importe qui, avec comme seule contrainte des droits à renégocier en cas de profit commercial lié à leur exploitation. Les adeptes du travail-non lucratif tiennent en effet à garder des droits chèrement payés sur l'éventuelle exploitation commerciale privée qui serait faite de leurs travaux. Car plaçant leurs úuvres en dehors de la conception du travail et de l'apport à la société qu'ils ont choisi, celles-ci mettraient en péril l'expansion de cette nouvelle forme de travail, de ce nouveau "Contrat social" au sens de J-J Rousseau où chaque homme paie à la société son tribut par le don de ce travail.

Ajouter à la fin la section suivante :

le contrat de travail placé

En période de fort taux de chômage, le demandeur d'emploi est plus exposé aux discriminations à l'embauche et, en cas d'embauche, est plus dépendant de son employeur. Il est indispensable de garantir à tous des droits égaux devant les offres d'emploi et d'atténuer le lien de dépendance qui existe entre l'employé et son employeur. Ce dernier point est essentiel pour garantir dans le travail le respect de la légalité et assurer que l'employé s'efforcera d'appliquer les obligations impartiales dues à sa fonction plutôt que d'effectuer des entorses au règlement ou à l'éthique sous les ordres de son employeur.

Pour plus d'efficacité il faut permettre d'avoir recours à des procédures de recrutement que les entreprises elles-même ne pourraient mettre en oeuvre, et qui s'inspirent des méthodes de recrutement dans la fonction publique. Bon nombre de petites entreprises ont besoin de recruter un personnel qualifié, mais n'ont pas l'infrastructure pour les recruter elles-mêmes (le plus souvent parce qu'elles ne sont pas compétentes pour juger de la qualité des candidats), et font appel à une société de service chargée de faire le recrutement à leur place.

Il convient donc, pour ce nouveau type de contrat de travail que nous préconisons, que le choix des embauches soit fait, selon des méthodes reconnues, sur des critères spécifiés et publics, et par des instances séparées et indépendantes de l'employeur. Il ne devra pas être procédé par concours. Car le concours est l'exemple typique d'un mécanisme de sélection qui dépasse les limites méthodologiques pour lequelles il à été conçu, lorsqu'il y a soit trop ou pas assez de candidats. Il procédera par examens à deux ou trois niveaux et, en cas d'égalité, d'autres critères non discriminatoires pourront entrer en ligne de compte telle la proximité du lieu d'habitation, le lieu de travail du conjoint, ou le lieu de l'école où séjournent les enfants... et en dernier recours, la méthode de la courte paille. Ce dernier point est important d'un point de vue idéologique : Il affirme que quelles que soient les méthodes utilisées de sélection individualisée, chacune possède des limites dans sa capacité à désigner les meilleurs candidats pour le poste à pourvoir, et qu'une fois ces limites dépassées, la méthode n'induit que des sélections supplémentaires fantaisistes aboutissant à un appauvrissement de la diversité des candidats admis (ainsi que d'autres désagréments).

On ne peut pas laisser libre cours aux lois du marché dans l'activité du recrutement car les ressources humaines ne sont pas des marchandises et ne relèvent pas du secteur marchand. La présence de L'Etat par le biais de ses instances républicaines dans le domaine du recrutement est le meilleur garant pour éviter les dérives libérales excessives. Ces instances républicaine auront un but de justice sociale, garantissant l'impartialité des nominations, renforçant la séparation entre l'employé et l'employeur, et assurant la non discrimination à l'embauche (missions que la République a le devoir de mettre en úuvre).

La perte de prérogatives des entreprises vis à vis de ces contrats placés devra être compensée par des avantages (allégement de charge ou autre...) de telle sorte que les entreprises soient intéressées et y aient recours. Dans certains cas précis où des abus notoires (voire mafieux) persistent malgré les efforts du ministère public, la loi pourra rendre obligatoire le recours à ces contrats placés.

4. UNE POLITIQUE VOLONTARISTE D'AIDE A LA CRÉATION D'ENTREPRISES (p15).

d) Prévenir les faillites des entreprises en difficulté (p17).

Dans le 2ième paragraphe, à la première phrase, remplacer : "ces derniers pouvant être fonctionnarisés," par : "ces derniers devant être fonctionnarisés, (le greffier notifiant les actes du tribunal , des actes faits au nom de la République),".

Ajouter après les deux premiers paragraphes, le paragraphe suivant (extrait du rapport N°1038 de la commission d'enquête parlementaire sur les tribunaux de commerce, juillet 1998) :

La loi du 25 janvier 1985 sur les procédures collectives a dévolu aux tribunaux de commerce des pouvoirs considérables. .../... Le déséquilibre a été aggravé par la montée du poids relatif des procédures collectives et par la démission des pouvoirs publics, pour déboucher sur les graves défaillances d'une justice dépourvue de contrôle efficace et dont les rouages obéissent à une logique d'entreprise privée.

De suite, ajouter les paragraphes suivant :

Une chambre spécialisée en procédures collectives, doit être créée dans tous les tribunaux de commerces, dans laquelle l'intérêt public, traduit en nombre d'emplois, en richesse locale ..., soit représenté par des procureurs spécialisés, porteurs de l'intérêt régional et national, de l'intérêt des salariés et des actionnaires minoritaires. Ils doivent y siéger, et jouer un rôle essentiel dans les décisions de procédures collectives qui s'appuient sur le droit public, et qui relèvent de la politique économique du pays.

Les tribunaux de commerce, archaiquement et de façon ancestrale, sont comparable à des conseils spécialisés par discipline qui régleraient les conflits entre pères. De telles structures relèvent d'une dichotomie verticale de la société que nous avons toujours combattue. S'il existe encore de telles structures de décisions, elles doivent être dépourvues de leurs pouvoirs et rendues simplement consultatives.

e) Renforcer le lien entre la recherche et l'entreprise (p17).

Dans le 1er paragraphe, dans la deuxième phrase, supprimer le "Si", et couper la phrase après la parenthèse "PIB)".

Remplacer la fin de phrase : "il existe sur .../... civils et militaires." par la phrase :

La part prise par les entreprises dans le financement de la recherche est considérable. Elle est équivalente à celle prise par l'Etat. Les financements publics sont naturellement prépondérant dans le domaine des grands programmes technologiques civils et militaires.

Dans le 2ième paragraphe, Supprimer la dernière phrase : "Les dimensions culturelles et .../... en particulier.".

Dans le 3ième paragraphe, Supprimer la première phrase : "Il est vain d'opposer comme .../... recherche appliquée, etc...".

A la deuxième phrase, supprimer l'expression "De ce point de vue".

Ajouter à la suite les phrases suivantes :

Ces structures d'interface relèvent du secteur public et ont une mission de service public chargé de l'innovation et s'adressant à tout entrepreneurs potentiels. De l'autre coté, ces structures sont le plus souvent, vis-à-vis des laboratoires publics, un service commun de l'établissement qui les héberge. Elles ont un rôle à la fois d'information sur les recherches que les entreprises aimeraient voir en oeuvre, et d'aide administrative pour le dépôt de brevet et la coopération avec ces entreprises.

Remplacer le 4ième paragraphe et les suivants par :

La recherche vis à vis de l'entreprise, qu'elle soit fondamentale ou appliquée, a deux exigences, l'une méthodologique, l'autre éthique ; 1_ assurer l'indépendance des laboratoires vis-a-vis de leurs clients éventuels, 2_ garantir un contrôle minimal sur l'exploitation futur de leurs découvertes. La recherche publique a une troisième exigence ; c'est de rendre à la nation (ou à l'Europe) les profits de ses investissements.

Recherche privée

Du coté de la recherche privée, il faut donner un cadre juridique au laboratoire, qui le protège contre la politique à court terme de ses clients (et de son entreprise lorsqu'elle est le premier de ses clients.) (Exemple: garantir le financement de la réinsertion des chercheurs en cas de licenciement.) Il se développe trop souvent des laboratoires qui s'avèrent être de véritables officines publicitaires basées sur des "tests bidons", qui, sous la pression de pouvoirs financiers, adoptent des règles méthodologiques douteuses, manipulant les statistiques, usant de la notoriété de la profession de scientifique pour appuyer des interprétations partiales :

La recherche en Biologie et celle en Médecine sont liées étroitement à d'énorme intérêt économiques, leurs résultats en sont altérés de façon éclatante. Le plus bel exemple est, sans aucun doute donné par l'homéopathie ; une liste de médicaments coûteux remboursés par la sécurité-sociale et dont la science physique à pourtant démontré de façon exacte leur totale inaction autre que placebo.

Le fait que ces placebo soient remboursés par la sécurité sociale n'est pas en soit scandaleux, c'est le résultat d'un avis démocratique qui peut se justifier d'un point de vue de santé publique (mieux vaut soigner un faux malade par un faux médicament, cela évite les complications dues aux effets secondaires).

Mais les laboratoires pharmaceutiques n'ont pas convaincu la sécurité sociale par cet argument, ils ont usé de tests et d'expériences multiples en laboratoires principalement privés ou fortement financés par eux, et de nombreuses publications aux conclusions partiales et aux statistiques non significatives (ce qui s'appelle une manipulation) ont appuyé leur démarche. La recherche fondamentale fut également touchée avec la fumeuse théorie de la "mémoire de l'eau" qui avait comme seul but d'essayer de fonder scientifiquement les principes de l'homéopathie. Il fut une époque ou la sécurité sociale payait aux firmes pharmaceutiques des médicaments homéopathiques d'un coût prohibitif. Un placebo doit avoir un coût modique pour la sécu (il peut par contre appara"tre au client à un coût plus élevé par le biais d'une auto-transaction discrète, le placebo ayant quelque fois un effet plus important lorsqu'il est plus cher).

Il faut aussi repenser la paternité des inventions et brevets. A l'heure actuelle si un laboratoire privé met au point un nouveau procédé de fabrication brevetable, l'éventuel brevet s'il est déposé, appartiendra à l'entreprise mère, et le laboratoire et ses chercheurs n'auront aucun droit sur ce brevet, sauf le droit moral (celui d'être renommé auteur et d'en faire publicité) s'ils ne l'ont pas vendu. La deuxième clause éthique nous amène à proposer que les auteurs du brevet garde un droit de redistribution, et un droit de conscience inaliénable :

1- Un droit de redistribution des profits éventuels résultant de l'exploitation du brevet, s'ils deviennent importants, qui sera destiné à une caisse commune par branche de recherche, qui, telle une mutuelle couvrira le financement de la réinsertion des chercheurs en cas de licenciement. Cette redistribution répartie, conditionnelle et progressive, permet d'imposer une régulation sur des profits rares mais considérable. Cette mutuelle devra être géré par les chercheurs comme la sécurité sociale l'était par les salariés.

De plus la loi doit garantir à tout employé en tant que chercheur ou non, la moitié des droits sur le brevet, qui ne pourra être concédé, avant même l'invention, dans un contrat de travail (ou par défaut comme la loi le prévoit), mais devra, si l'entreprise veut en devenir acquéreur, être renégocié après l'invention entre l'employé et l'entreprise, d'égale à égale, avec une période de reniement possible de quelques années pour l'inventeur.

2- Un droit de conscience sur l'usage du brevet, permettant de s'opposer à l'usage abusif du brevet dans des domaines où l'esprit de la loi est susceptible d'être violé, et qui pose un problème de conscience à l'inventeur (exemple dans des recherches où l'éthique est litigieuse, dans les domaines médicaux où la déontologie est litigieuse, dans l'armée, l'usage comme arme....) De la même façon que le droit de redistribution répartie se fait par l'intermédiaire d'une caisse commune gérée par les chercheurs, le droit de conscience peut s'exercer par l'intermédiaire d'un syndicat de chercheur (habilité à exercer ce droits au nom des personnes qui l'y délègue).

Ces droits devront s'appliquer pour tout inventeur du secteur public ou privé, même non chercheur, ou sans emploi.

Le droit moral qui consiste à être renommé auteur d'une úuvre ou d'un brevet, est un droit inaliénable. Ce n'est pas le cas actuellement, des livres écrits par des professionnels et signés par d'autres, où le professionnel a vendu son droit moral, en sont des exemples courants. De tels contrats aliénant le droit moral doivent être nuls et non avenus.

Le dépôt d'un brevet n'est pas la garantie de son exploitation. Il arrive, dans des cas heureusement peu fréquents, que le brevet soit acquis par une société (qui détient alors une licence exclusive d'exploitation), dans l'intention qu'il ne puisse justement être exploité par personne. (Cela afin de préserver une activité qui aurait été concurrencée). Si le brevet n'est pas exploité au bout d'un délai de quelques années, la loi permet de demander une licence obligatoire devant les tribunaux. Cette procédure est rarissime et longue, aussi elle ne constitue pas une réponse satisfaisante à ce problème.... D'autre part, il est bon de rappeler que le brevet, en tant que propriété, peut être soumis à l'expropriation pour cause d'utilité publique, l'Etat indemnisant alors le propriétaire lésé.

Les entreprises ont besoin d'une aide à la création de leur laboratoire, et à l'acquisition et l'exploitations des découvertes produites par d'autres laboratoires. Cette aide doit être apportée par deux types de structures ;

1_ les structures dites "d'interfaces", véritables services publics qui ont vocation à faire publicité des découvertes les plus intéressantes dans le domaine académique pour les mettre à disposition des innovateurs potentiels, et qui ont vocation à établir des liens de collaboration entre entreprises et laboratoires.

2_ les administrations recenseur des brevets, qui doivent mettre en oeuvre des moyens performant de traitement de l'information sur les brevets qui seront mises à disposition du public.

Ces différents types d'activités doivent être financés par la Région, l'Etat et l'Europe.

La recherche respecte une éthique qui est mise naturellement en úuvre par les chercheurs. Mais lorsqu'elle est intégrée dans une entreprise à but lucratif, ou les chercheurs sont soumis à la pression d'une politique de rentabilité, ceux-ci perdent l'acuité à défendre l'éthique, aboutissant à des abus, à des pratiques que la recherche publique n'aurait pas exécutées. (expérience de vivisection dont l'opportunité et les méthodes sont contestées, certaines manipulations génétiques jugée contraires à l'éthique, l'usage de tissu humain ou d'organes dont l'origine n'est pas claire...). (L'éthique de la recherche est un problème compliqué que nous n'aborderons pas ici.) Un contrôle extérieur devient alors nécessaire.

Recherche publique

Du coté de la recherche publique, le même problème se pose lorsqu'un laboratoire possède d'importants clients privés au travers de contrats de coopération. Il faut veiller à ce que le laboratoire ne soit pas influencé par la politique à court terme de ses clients, sans quoi la première règle méthodologique n'est plus respectée et l'on connait les conséquences désastreuses qui peuvent se produire avec comme circonstance aggravante l'usage de l'investissement de l'Etat et de son autorité morale, dans ce qu'il faut bien appeler des manipulations scientifiques malhonnêtes au service d'intérêt financier. Pour cela il faut donner un cadre précis pour ces contrats de coopération qui limite l'influence des clients sur la politique du laboratoire. Il faut même formaliser des contraintes de séparation entre les chercheurs et les clients, à savoir, que les chercheurs ne doivent pas bénéficier d'avantages de la part des clients.

A l'heure actuelle si un laboratoire public met au point un nouveau procédé de fabrication, il le fait généralement en coopération avec une entreprise, et s'il y a dépôt d'un brevet, celui-ci est généralement vendu à l'entreprise à un prix qui, non seulement ne correspond aucunement au profit important que rapportera l'exploitation du brevet sur plusieurs années, mais, est même inférieur au coût réel dépensé pour mettre au point ce brevet. En effet les instruments lourds et objets précieux de haute technologie, les salaires du personnels, toute l'infrastructure préexistante du laboratoire n'est pas ou peu comptabilisés dans les comptes de coopération avec l'entreprise. Il est alors choquant que les investissements de l'Etat pour la recherche national servent à l'établissement de brevets et de rentes pour des intérêts privés.

Mais de véritables abus apparaissent dans les secteurs ou la recherche est liée à des missions de services publics tels les hôpitaux : L'infrastructure de l'hôpital, les investissements lourds de l'Etat, sont utilisés à des prix dérisoires, par des officines privées qui en tirent impunément des bénéfices, exerçant par là ce qu'il faut bien appeler un détournement des investissements publics. Le comble est que ces officines sont souvent constituées de personnes fonctionnarisées dans l'établissement. Comment en est-t-on arrivé à cette situation ahurissante?. Sans doute la médecine et son esprit de corps y est pour quelque chose. La présence d'un conseil de l'ordre des médecins issu d'une période pré-révolutionnaire traduit bien une inadaptation de la discipline à l'évolution démocratique moderne....

Les laboratoires publics préfère publier sans déposer brevet, entrainant une mise du brevet dans le domaine public (exploitable par tous). La troisième exigence, ó de rendre à la nation (ou à l'Europe) le profit de ses investissements ó, est bien satisfaite, mais il apparait alors une énorme difficulté :

Sans brevet, les entrepreneurs et investisseurs ne sont pas assurés d'avoir l'exclusivité. Ils prennent donc le risque, après avoir effectué des investissements lourds d'installation, de découvrir au dernier moment plusieurs concurrents qui ont fait les mêmes démarches, investis des même intentions, et qui comptent sur la même clientèle. Sans brevet, et même après avoir démarré l'exploitation, le petit exploitant prend le risque de se faire engloutir par un géant qui investirait dans une fabrique identique, utilisant le même procédé de fabrication, sachant que le géant peut encaisser les méfaits d'une surproduction beaucoup plus longtemps que notre petit exploitant, et cela sans user de concurrence déloyale. Il faut combattre cette loi de la jungle en matière d'exploitation, sachant qu'elle se traduit toujours par une pression de rentabilité accrue sur les employés....

Il faut donc réhabiliter le brevet auprès des laboratoires publics, en garantissant alors, dans le cadre de la coopération laboratoire-entreprise, une part de redistribution progressive à la nation (ou à l'Europe si la recherche est intégrée dans un cadre européen), des mannes éventuelles que peut occasionner l'exploitation du brevet.

Il faut réfléchir aussi à d'autre système pour protéger l'entrepreneur et les investisseurs, autre que le seul brevet. Par exemple l'entrepreneur pourrait déposer non pas un procédé de fabrication comme brevet, mais un plan de viabilité de son projet d'entreprise tenant compte d'un procédé de fabrication du domaine publique, de commercialisation, et de la clientèle cible au travers d'une étude de marché, qui procurerait des droits d'exclusivité comparables. Ces droits ne pourront pas être accordés sans l'accord d'une décision politique, puisque reprenant, en parti, un bien publique, pour en faire un biens privée (une exclusivité d'exploitation) sorte de privatisation, et devront être soumis à un mécanisme de redistribution progressive pour les profits importants.

La question des brevets et des droits d'auteurs ne sera pas exposée davantage ici, il est à noter qu'elle est le résultat d'un accord entre les auteurs, et les intérêts capitalistes qui se traduit finalement par une spoliation des auteurs (les auteurs étant amené à vendre leur droits pour vivre). Ces droits instituts un système de rente, de licence d'exploitation monnayable, et étend d'une certaine façon la propriété privée à des domaines tels que les procédés de fabrication, les marques, les écrits, les décorations.... Ils aboutissent à des excès lorsqu'ils ne servent plus les auteurs, et qu'ils ne réglementent plus la libre exploitation pour la rendre moins concurrente et moins agressive en protégeant le faible. Lorsque c'est le cas, ils doivent être combattu de la même façon que l'Etat combat les monopoles privés, en nationalisant, en défendant l'intérêt générale. Nous devons aussi encourager une rétribution des inventeurs de façon plus réparti, avoir le souci de donner une place à la rétribution du travail selon l'effort et non seulement selon l'offre et la demande comme c'est le cas actuellement. Il faut aussi garantir aux inventeurs des droits inaliénables. Tout ne se monnaie pas!. Dans cette esprit, nous nous opposerons à toute extension du domaine de la propriété privée à des valeurs abstraites, à des modèles d'êtres vivants, et à des nouveaux espaces qui sont intrinsèquement reconnus comme bien commun de l'humanité.

f) Stimuler l'innovation (p18).

Dans le 1er paragraphe, Supprimer la troisième phrase : "Dans le secteur des télécommunications ..../... marchés).".

Dans le 3ième paragraphe, à la dernière phrase, supprimer : "du secteur privé principalement".

II
UN NOUVEAU PACTE SOCIAL DANS LES ENTREPRISES

1. DES SALARIÉS ACTEURS DANS L'ENTREPRISE (p19).

Dans le 3ième paragraphe, remplacer la première phrase : "Pour nous, la réussite économique constitue plus que jamais l'enjeu décisif d'une politique " par :

Pour nous la réussite économique ne constitue qu'un moyen parmi d'autres pour atteindre la véritable réussite du système économique ; l'intégration de tous les individus dans une activité gratifiante leur assurant la liberté, l'égalité et la solidarité.

5. SE FORMER TOUT AU LONG DE LA VIE (p24).

Renouveler l'ambition fondatrice de la formation permanente (p15).

Remplacer partout "trois objectifs" par "quatre objectifs".

Rajouter aux trois objectifs (paragraphes commençant par un carré rouge), un 4ième objectif :

un objectif d'émancipation des carrières : permettre la reconversion, la liberté de changer de carrière par goût.

III
CLARIFIER LE ROLE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE

Dans le 1er paragraphe, dans la première phrase, après : "Depuis la fin des années 70 .../... l'action publique volontaire", ajouter : ", ainsi que le développement d'économies solidaires."

Remplacer la dernière phrase : "L'heure est, au contraire .../... mondial." par :

L'heure est au contraire à l'élaboration d'un nouvel équilibre entre économie de marché, économie solidaire, et économie publique.

Ajouter le paragraphe suivant :

La France possède un système d'économie mixte, avec un secteur privé et un secteur public d'importance économique comparable. La création de l'Europe économique et politique qui petit à petit prend forme, nous oblige à trouver un nouvel équilibre : Le processus d'intégration européenne devra se traduire par l'intégration progressive d'une partie du secteur public d'Etat dans le secteur public européen, tandis que le secteur privé devra laisser une place à l'émergence d'une économie solidaire qui répond à une attente des populations locales et qui ne peut être satisfaite par une économie de marché étendue à l'échelle de l'Europe.

1. L'ÉTAT (p28).

Dans le 2ième paragraphe, dans la première phrase, après : "le fonctionnement des marchés", ajouter : ", le développement d'économies solidaires".

Dans la deuxième phrase, après : "de ces marchés", ajouter : ", et de ces économies solidaires"

Après le 4ième paragraphe : "Encadrer les marchés, .../.... plus que jamais l'intervention publique." , ajouter le paragraphe suivant :

L'Etat, en accord avec la politique protectionniste de l'Europe, doit défendre la plus-value du travail revendiquée par les producteurs lorsque celle-ci est réduite en miette par les marchés (en période de surproduction ou de crise) en garantissant un prix plancher pour chaque produit jugé sensible. Symétriquement, l'Etat doit limiter la politique de prêt et d'incitation à l'investissement, fait par les banques, dans les domaines où il y a surproduction, ou concentration géographique. De nombreux entrepreneurs se sont vus ruinés après n'avoir pu honorer les intérêts de prêts bancaires sur lesquels ils avaient mis en caution leurs biens personnels. Il faut limiter ce système de caution, en rendant nulles et non avenues les cautions portant par exemple sur le domicile principale d'une personne.

2. LE SERVICE PUBLIC (p28).

a) Les principes (p28).

Après le 1er paragraphe : "Le service public est au coeur de l'identité des socialistes .../... une égalité d'accès en tous points du territoire.", ajouter les paragraphes suivants :

Ils participent de façon essentielle à une exigence de la République la que, celle de permettre l'émancipation des individus, de faire que de naitre dans une famille d'une "obédience" particulière ne vous condamne pas obligatoirement et à jamais, a être de cette "obédience".

Ils participent de façon essentielle à une exigence de la République sociale, celle de lutter contre l'exclusion économique des personnes en redistribuant une part de l'impôt progressif perçu par l'Etat, en nature (moins coûteuse pour l'Etat qu'une redistribution financière) aux personnes physiques. Il contribue à la mise en úuvre du principe d'égalité de pouvoir entre les individus, garantissant une part importante de la liberté public et de la solidarité nationale (et bientôt européenne).

Dans le 2ième paragraphe (p29), remplacer la première occurrence du mot "essentiel" par l'expression : "d'utilité publique".

Supprimer la deuxième occurrence du mot "essentiel".

Dans l'énumération des trois grandes missions de service public, Remplacer le mot "essentiel" par l'expression : "d'utilité public".

Remplacer : "l'énumération des trois grandes missions de service public" par : "l'énumération des quatre grandes missions de service public". Et ajouter une quatrième missions de service public :

Assurer les fournitures de biens et services non marchands (qui pour des raisons intrinsèques, décisions politiques, ne relève pas du secteur marchand tel que par exemple le sang humain...).

Dans le dernier paragraphe, remplacer : "trois principes fondamentaux" par : "quatre principes fondamentaux". Et ajouter un quatrième principe fondamental :

un principe de redistribution, selon lequel les services publics justifient une part importante de l'impôt progressif sur le revenus, le redistribuant en nature aux personnes physiques, aux travers de biens et services accessible.

Ajouter les paragraphes suivants :

Il y a trois moyens de combattre l'exclusion économique et sociale. Ces trois moyens doivent être mis en úuvre :

1- La redistribution par des revenus minimums garantis. (moyen le plus simple)

2- La redistribution par des biens et services accessibles à tous. (moyen le moins coûteux)

3- Une intervention économique amenant les entreprises à employer les demandeurs d'emplois, pour un travail rémunéré correctement. (moyen le plus moral).

La redistribution par des biens et services accessibles se fait par les services publics. Le services publics fait partie du secteur publics. Il peut y avoir néanmoins des exceptions. Il s'agit alors d'activité privées subventionnées pour atteindre des prix accessibles, de telles activités devant être très réglementées et contrôlées afin de rendre impossible le détournement de l'aide publique en profit commercial.

Pour chaque secteur économique, lorsque deux Etats Européens instituent (à cause de leurs différences de conception de l'utilité publique) des redistributions différentes de biens et services à leur population, ils induisent des coûts supplémentaires aux institutions européennes qui ont la responsabilité d'empêcher le détournement indirect de l'aide publiques d'un pays à des fins commerciales privées, en particulier dans un autre pays. Ce coût sera financé par une taxe d'isolement.

Les Etats seront taxés (Taxe d'isolement) en fonction des différences qu'ils établiront avec les autres pays européens. Cette taxe sera proportionnelle à la différence de prix des produits des services publics d'un pays avec l'autre, multiplié par un coefficient d'interaction (dépendant du secteur économique et des pays concernés), et multiplier par le nombre d'habitants du pays concerné.

3. LE SECTEUR PUBLIC (p29).

Le secteur public peut assurer plusieurs finalité (p30).

Assurer une logique industrielle ou de puissance publique (p30).

Dans le 2ième paragraphe, dans l'énumération des exigences, ajouter :

Assurer les fabrications de biens et services non marchands (qui pour des raisons intrinsèques, décisions politiques, ne relève pas du secteur marchand, et sont exclus de la concurrence).

Remplacer le dernier paragraphe : "Pour nous, lorsqu'une entreprise publique .../... comme l'a montré l'échec de la fusion Renault-Volvo." par :

Le secteur public couvre la quasi-totalité des services publics et s'étend au delà à un large secteur de l'économie comparable en chiffre d'affaire au secteur privé. C'est ce que fait l'originalité du système économique à la française, dit système d'économie mixte. Une grande partie du secteur public est marchand et participe aussi à l'indépendance national dans certains domaines clefs, ou la France doit revendiquer et garantir une part de marché mondial. Une autre grande partie du secteur public est non marchand et assure la quasi-totalité de l'économie non marchande, qui ne relève pas de la concurrence, pour des raisons intrinsèques ou de choix politiques.

6. POUR UNE PUISSANCE PUBLIQUE EUROPÉENNE (p33).

Renommer le titre par : " 6. LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE EUROPÉENNE DANS LE SECTEUR PRIVÉ ".

CONCLUSION :
ANTICIPER POUR NE PAS SUBIR

(p35) Renommer le titre par :

CONCLUSION :
AGIR AU NOM DU PEUPLE EUROPÉEN

Ajouter les paragraphes suivant :

C'est avec un grand espoir que s'ouvre, en cette veille du vingt-et-une-ième siècle, les nouvelles perspectives européennes, une Union de 13 pays gouvernés à gauche et de 2 à droites. Les signes d'un changement d'orientation politique pour l'Europe apparaissent de façons claire à présent. La constitution d'un gouvernement allemand vert-rose avec un écologiste issu de l'extrême gauche au ministère des affaires étrangères, et un socialiste bien ancré à gauche au ministère des finances, sont sans doute les meilleurs nouvelles que pouvait nous apporter notre voisin allemand pour consolider nos espoirs; la perspective d'une Europe plus solidaire, égalitaire et respectueuse des droits de l'hommes.

Mais les intérêts financiers qui sont rendus anonymes par les mécanismes de capitalisations quotidiens et qui sont le résultat d'un système économique libérale que nous voulons dépasser, entravent l'action des gouvernements socialistes isolés. Nous devons donc nous unir pour rétablir la suprématie de la politique, volonté du peuple européen, sur l'économie et sur la libre circulation des capitaux anonymes. Pour cela la banque centrale européenne devra dans un avenir proche être contrôler par une autorité politique porteuse de la volonté du peuple européen :

"Il faut entraver la spéculation internationale, taxer les revenus du capital, sanctionner les paradis fiscaux, empêcher la généralisation des fonds de pension et d'une manière générale, reconquérir les espaces perdus par la démocratie au profit de la sphère financière, et s'opposer à tout nouvel abandon de souveraineté des Etats au prétexte du "droit" des investisseurs et des marchands." 3

Unis, et au nom du peuple européen, nous auront les moyens de mettre en úuvre cette politique. La responsabilité et énorme, notre devoir pleinement engagé, ne décevons pas tous ceux qui comptent sur nous pour intervenir, et donner l'impulsion nécessaire.

note 3 : extrait de la plate-forme constitutive de l'association Attac.


Dom Mabb
 

Web 1998

N.6

DÉBAT SUR LE MARXISME



Déposée à la Fédération du Calvados du Parti Socialiste, le 9 Décembre 1998


ANALYSE CRITIQUE
du livre "Qu'est-ce que le marxisme " (Chris Harman),



PRÉSENTÉE
PAR
Dom Mabb


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INTRODUCTION

MESDAMES, MESSIEURS,

Nous sommes réunis en ces lieux pour traiter d'une question de dogme. Aussi cette réunion revêt une importance particulière.

La confrontation de la thèse marxiste avec les idéologies des partis politiques de gauche qui sont le résultat de multiples concessions au cours de l'histoire contemporaine, nous amène à remettre en cause bon nombre de nos principes.

Cette confrontation aboutira à une prise de conscience; la nécessité d'affirmer la prédominance de l'idéologie sur l'économie, et par voie de conséquence, d'affirmer la nécessité de construire l'idéologie. L'idéologie doit être ouverte au débat, et non un être froid telle une déclaration statutaire ou des écrits quasi-bibliques que plus personne ne lit. Notre réunion est une première étape dans cette voie désormais ouverte.

La faiblesse principale de la thèse marxiste réside dans la date de sa conception, Marx étant décédé en 1883, n'a pu intégrer dans sa pensée; la psychanalyse qui fut découverte plus tard, le nazisme appelé nationale socialisme et le stalinisme, ainsi que les évolutions scientifiques qui révolutionnèrent le monde moderne. La connaissance de ces faits n'est pas indispensable pour établir quelque philosophie, mais lorsqu'il s'agit d'un projet de société cela n'est plus le cas.

L'autre obstacle majeur à une large compréhension est qu'elle n'est nullement inspirée des philosophies des Lumières qui fondent la vie politique démocratique moderne. Selon une vue simplifiée, les royalistes fondent le Droit sur le droit divin. La révolution de 1789 fonde le Droit sur les Droits de l'Homme, la révolution marxiste de 1917 fonde le Droit sur la lutte des classes.

L'analyse du livre de Chris Harman, que nous vous proposons ici, est le résultat superficiel d'une première lecture. Elle ne constitue qu'un début de prise de position riche d'un avenir émancipateur.

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ANALYSE CRITIQUE

 

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Introduction

(p5)§4: "... les idéologues bourgeois, qui dénaturent tant les idées marxistes..."

C'est une critique conservatrice, qui désapprouve la création d'idées variantes faite à partir de celles de base du marxisme.

Cela est comparable aux condamnations religieuses envers ceux qui donnaient des interprétations différentes des textes bibliques, et relève donc de l'obscurantisme.

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1) Pourquoi avons-nous besoin de la théorie marxiste ?

(p8)§dernier: "Il est stupide de dire, comme beaucoup de personnes le font, qu'elles doivent être dépassées parce que Marx les écrivit, il y a plus de 150 ans."

Beaucoup de textes son dépassés, cela ne veut pas dire qu'ils n'ont plus de valeur, mais seulement qu'ils doivent être intégrés dans une pensée plus moderne. Dire que la théorie de Marx doit être réécrite est en soit une évidence, et est bien moins bouleversant que de vouloir réécrire le code pénal qui, lui, en a bien besoin.

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(p9)§4: "Le développement de la civilisation, au lieu d'apporter un bonheur et un bien-être général, donna naissance à une plus grande misère."

C'est une des prémisses de la théorie marxiste, poussant spontanément à combattre le système d'exploitation industrielle naissant.

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(p11)§2: "Ce n'est pas la conscience qui détermine les êtres mais l'être social qui détermine la conscience." (Marx)

Cela n'est pas aussi tranché, mais cette découverte, à l'époque, révolutionna la façon d'expliquer l'évolution des sociétés.

A la lumière de la psychanalyse, il s'avère que ce n'est pas l'être social qui détermine la conscience, mais c'est le groupe social qui définit la psyché collective dont l'individu est pourvu. Appelé psyché ou inconscient, car acquis indépendamment de sa volonté, et qualifié de collective, car partagée par les membres du groupe.

On n'imagine pas le nombre de préjugés moraux que l'on peut acquérir sans même s'en apercevoir au cours du temps par le biais des relations sociales. Certaine personnes qui entrent en rébellion contre leur milieux, découvrent avec stupeur, des pans entiers d'attitudes propres et partagées par leurs concitoyens, qui les dévoient toujours de leur quête de liberté et qui font de leur combat un véritable sacerdos.

La conscience se construit par dessus cet inconscient au cours de l'expérience individuelle. Et une expérience minime peu avoir de larges conséquences sur la conscience. Aussi Il aurait fallut établir un cloisonnement parfait entre chaque classe pour que la phrase de Marx s'appliquât totalement. Rappelez-vous de l'adjudant chef qui se posait chaque année la même question: "pourquoi donc les nouvelles recrues refusent-t-elles de plus en plus d'obéir aux ordres?", la raison en était l'importance croissante de l'école publique et du brassage des classes sociales.

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2) Comprendre l'Histoire

(p13)§1: "Les idées, par elles-mêmes, ne peuvent pas changer la société"

Cela est vrai en général sauf à certains moments ou dans certains domaines lorsqu'il n'y a pas de véritable déterminisme historique. Au quel cas un vol de papillon peut changer l'histoire comme une idée jetée en l'air.

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(p16)§dernier: "Tous les efforts servaient aux tâches primaires d'obtenir de la nourriture, ainsi tout le monde faisait le même travail et vivait la même vie.

Sans aucun moyen de stocker de la nourriture, il ne pouvait y avoir de propriété privée, ni de classe sociale, il n'y avait pas non plus de butin pour motiver la guerre."

Il s'agit là d'une vision naïve et erronée. Les sociétés dites "primitives" qui se rapprocheraient le plus de cette description seraient la vie des indigènes de quelques îles ensoleillées où la nature regorge de nourriture à la portée de tout homme valide. On remarque alors que leur activité principale n'est plus la chasse et la cueillette (puisque rendue facile par une nature abondante) mais d'autres activités telles des rites religieux sophistiqués, ou des jeux, des arts, des activités folkloriques,.... La position sociale devient alors un jeu et un enjeu plus abstrait que les biens de consommation courante qui sont accordés à tous, et d'un intérêt bien plus élevé pour l'esprit et pour l'avidité du pouvoir.

En revanche dans les tribus soumises à des difficultés pour se procurer les besoins essentiels, la situation est complètement différente. Le manque de biens essentiels entraîne la mort et il faut savoir comment sauvegarder le groupe. Choisir de ne rien faire et de laisser mourir de faim le faible qui n'a pas pu prendre sa part, est d'une toute autre dimension que de choisir qui occupera la place du chanoine ou du gourou lors d'une procession religieuse.... La possibilité d'attaquer un groupe voisin pour éviter la famine ou se procurer les outils de chasse convoités, était alors envisagé....

Dans tous les cas, il y a constitution de classe sociale selon un processus bien connu maintenant d'attraction du pouvoir. Ces classes étaient également basées sur la propriété privée constituée des outils et habits, et étaient basées sur la force physique et sur les liens familiaux et sociaux dans la tribu. Et s'il n'y avait pas de police pour faire respecter l'ordre établi, il y avait des hommes de main comme dissuasion (beaucoup plus efficace!).

Les avantages de la position sociale constituent bel et bien un bien qui est capitalisé par l'individu. Dès lors il n'est pas nécessaire qu'il y ait des biens pour qu'il y ait une forme de capitalisme. Il suffit qu'il y ait un pouvoir de par la situation sociale dans le groupe et que se pouvoir soit transmissible. Le père jouera le rôle du dominant et du capitaliste.

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3) La lutte de classes

(p21)§1: "Mais en réalité, pendant la plus grande partie de l'histoire humaine, il n'y avait pas de classe, pas de propriété privée, pas d'armée, ni de police. Telle était la situation pendant les 50.000 ans du développement humain jusqu'à il y a 5.000 à 10.000 ans.

Tant que le travail d'un homme ne permettait pas de produire plus de nourriture que ce dont il avait besoin pour vivre, il ne pouvait y avoir de division en classes. En effet, quel était l'intérêt d'avoir des esclaves si tout ce qu'ils produisaient ne servait qu'à les nourrir ?"

Chris Harman veut sans doute faire référence à une époque antérieure à la première société humaine, soit une époque où les hommes ne vivaient qu'en tribus autonomes. L'organisation des tribus, comme nous l'avons vue au point précédent, n'a rien à voir avec cette vision idyllique. Ces tribus pouvaient être guerrières, et ces guerrias pouvaient être multiples et inextricables. Dans chaque tribu il pouvait exister des classes basées sur la force physique, le rôle social, la filiation ou l'enrôlement dans une équipe plus rapprochée. Les pouvoirs pouvaient prendre des formes dictatoriales inattendues comme dans le fonctionnement de certaines sectes d'aujourd'hui, et cela pour les mêmes raisons; l'impossibilité à l'homme de discerner ce qui émane de son pouvoir, de ce qui émane de son jugement, le faisant choisir, sans même s'en rendre compte, les choix qui renforcent ce pouvoir plutôt que les choix allant dans le sens pour lequel on lui a confié ce pouvoir. Certes ces excès devaient être assez rares, et l'on pouvait avoir la chance de vivre dans une tribu paisible ou les inégalités étaient atténuées, question de mentalité et de politique.

Le fait que les biens essentiels soient rares rend simplement la mort plus proche, et les liens de pouvoir plus morbides.

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(p23)§3: "Mais le patron possède les usines où le travailleur doit avoir un boulot s'il veut rester en vie. Ainsi, il lui est très facile de forcer les travailleurs à accepter un salaire qui est bien inférieur à la valeur des biens qu'ils produisent."

Cette remarque constitue le point de départ de l'explication marxiste du capitalisme ainsi que de la définition de la plus-value.

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(p23)§6: "Les travailleurs ont rarement accepté leur sort sans résister. Il y eut des révoltes d'esclaves en Egypte ancienne et en Rome antique, ... /..."

L'exemple des esclaves romains est un contre exemple. Les esclaves intégrés au système ont intériorisé leur rôle social et sont prêts à sacrifier leur vie pour leur maître. Une des révoltes d'esclaves les plus célèbre de la Rome antique fut celle dirigée par Spartacus. L'obstacle premier fut d'émanciper les esclaves vis-à vis de leurs préjugés avant même d'envisager un combat. Puis le combat fatal ayant lieu, ils étaient devenus mercenaires, ils endossaient un autre rôle que le système leur imposa et qui entraîna leur perte. D'autres esclaves tels les indiens d'Amérique sous la botte des espagnols, n'acceptaient pas leur situation d'esclaves pour des raisons liées à leur culture et n'avaient pas ce préjugé de soumission au départ que possédait la culture latine. Aussi ils ne constituaient pas de bons esclaves, refusant toujours de coopérer, préférant se laisser mourir de faim plutôt que de servir. Ces deux exemples montrent que la situation de classe n'explique pas le comportement, mais qu'il faut tenir compte de l'inconscient collectif de la classe, qui lui, intègre l'histoire de la société dans son ensemble.

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(p23)§7: "L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de la lutte de classes" (Marx, extrait du Manifeste du parti communiste)

C'est une vision réductrice qui occulte toutes les transformations transversales de la société, celles qui touchent toutes les classes. Cette position fut néanmoins à l'époque une véritable révolution dans la façon de concevoir l'histoire mettant sur un plan d'égalité conceptuelle les esclaves et les puissants dans un conflit pour le partage du pouvoir.

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(p24)§1: "Dans les sociétés antérieures, il n'y avait pas d'appareil armé, pas de police et pas de gouvernement séparé de la majorité de la population .../... Une grande partie des tâches accomplies par l'Etat, dans notre société, était accomplie, simplement, sans formalité, par toute la population ou une réunion de représentants.

De telles réunions jugeaient le comportement de telle ou telle personne qui était accusée d'avoir brisé une importante règle sociale. La punition était appliquée par toute la communauté - par exemple en obligeant la personne à partir. Puisque tout le monde était d'accord avec la punition, une police séparée n'était pas nécessaire pour rendre le jugement effectif. Si la guerre arrivait, tous les jeunes hommes allaient au combat avec les chefs élus pour l'occasion, une fois encore sans structure militaire séparée."

Cette structure décrite où il n'y a pas de forme instituée de l'Etat autre que la présence de quelques chefs, se rencontre dans le cas de groupes de petite taille. L'exemple le plus simple est le cas d'une expédition d'une trentaine de personnes coupée du monde, devant faire face à une menace extérieure ou à des actes délictueux parmi ses membres. Le cas a été l'objet de nombreux scénarios et films fort intéressants pour étudier le comportement humain. Dans tous les cas lorsqu'il y a la possibilité de reporter la décision de jugement ou de recours à la force, elle sera faite. Et ce choix de la fuite s'explique pour deux raisons essentielles l'une légale, l'autre légitime:

1- Le groupe n'est pas légalement habilité à prendre de telles décisions et seule la légitime défense pourrait excuser de tels actes.

2- Le groupe ne peut pas assurer l'indépendance des témoins ainsi que la préservation des pièces à conviction qui fondent le jugement. Il ne possède pas la puissance publique capable d'investigations, ne peut séparer les pouvoirs politiques des pouvoirs judiciaires. Et ne possède pas les connaissances politiques suffisantes puisque coupé du monde, pour justifier un recours à la force.

Mais qu'à cela ne tienne. Si notre groupe fait le mauvais choix ou y est contraint, il survient alors une situation de crise politique, la décision n'étant pas prise à l'unanimité comme le texte l'entend, mais par une majorité. Et le groupe risque de se scinder en deux.

Lorsque le groupe devient important et constitue une population, il devient grotesque de faire des jugements par une assemblée générale. Cela consiste à exploiter les sentiments instinctifs de la foule pour justifier des sentences sanguinaires. La condamnation étant préparée par un cercle obscur de procureurs liés aux intérêts politiques, et jetée au peuple comme défouloir (on ne peut mieux faire pour fabriquer des boucs-émissaires).

La constitution d'une cour de justice composée de professionnels est incontournable pour assurer la séparation des pouvoirs, le respect des procédures garantes des droits des personnes qu'elles soient accusées ou accusatrices, en un mot l'impartialité.

Quant à la force publique, pouvoir exorbitant accordé au détenteur de la fonction de policier, celle-ci ne peut s'exercer que sous le contrôle d'une réglementation très stricte avec des devoirs contraignants et selon des procédures très précises, de telle sorte qu'un homme non averti ne peut endosser la fonction de policier du jour au lendemain. Si vous enleviez toutes ces contraintes qui font d'un policier une profession, vous obtiendrez une milice et non une police.

Dès que le groupe n'est plus restreint à une tribu ou à une famille élargie, il devient nécessaire d'instituer un gouvernement pour assurer la clarté des décisions politiques, des décisions prises par un gouvernement non anonyme et responsable devant le peuple. Le pouvoir est institué justement pour permettre son contrôle démocratique. Par contre un pouvoir non institué est occulte, et donc sans contrôle. Il se renforce inexorablement au détriment de la volonté publique, et donc de la majorité, et défend les intérêts d'un clan.

Quant à la force armée telle qu'elle est décrite, ce ne sont pas des chefs élus pour l'occasion, mais ceux qui ont la voix la plus forte, la renommée la plus sanguinaire, la force physique la plus imposante, et la volonté la plus ferme, qui dirigeront la meute. L'illusion est parfaite, vous laissant croire par le biais d'une mise en scène, d'une désignation publique par les acclamations de la foule au passage d'un chef de guerre, à l'absence de structure militaire séparée. En fait, une structure anonyme et invisible existera, regroupant quelques leaders escortés, qui obtiendrons pratiquement tous les pouvoirs qu'ils souhaitent tout en se défaussant des responsabilités sur l'assemblé générale. Seule leurs position sociale, comptera pour eux ainsi que quelques avantages personnels pris au passage, et ce ne sera certainement pas la volonté générale rendue facilement muette par quelque diversion qui les motiveront.

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(p24)§3: "Mais, dans une société où une minorité a le contrôle sur presque toute la richesse, ces méthodes simples pour faire régner "la loi et l'ordre"et pour faire la guerre ne peuvent plus être utilisées. Chaque réunion de représentants ou chaque groupe de jeunes hommes en armes prendrait, à coup sûr, une position de classe."

Devant cette affirmation, on éclate de rire, de faire appel à des groupes de jeunes hommes en armes, comparables à des groupes de chasseurs le plus souvent ivres et incapables de reconnaître un cygne d'une poule-d'eau (à tel point qu'en périodes de chasse, il est fortement conseillé de ne pas sortir se balader). Ces hommes en armes sont les premiers à se vendre auprès d'un marquis ou d'un notable du coin pour effectuer leur basse besogne. Ce seront eux les premiers à instaurer, par la force des armes, les inégalités de classe dictées par les seconds. C'est une profonde méconnaissance des mécanismes psychologiques de l'oppression. La psychanalyse nous éclaire à se sujet. L'opprimé intériorise l'oppression dont il est victime, et prend la défense du bourreau, car il est beaucoup plus supportable de s'identifier au bourreau qu'à la victime, de recevoir des coups que l'on accepte que ceux que l'on n'accepte pas. Ainsi ce sont les victimes d'hier qui sont les bourreaux d'aujourd'hui, réitérant bêtement le schéma de l'oppression en n'en étant maintenant le bras décervelé.

Il n'en est pas de même concernant les représentants car ceux-ci sont porteurs des doléances des gens qui les ont mandatés, et devront en faire une synthèse par le biais d'un travail plus intellectuel. Mais la même problématique se posera. Les représentants locaux, du fait des liens de proximité, auront intérêt à flatter les autorités locales (instituées ou non) pour en décrocher quelques faveurs.... C'est pourquoi un certain centralisme est nécessaire.

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(p24)§4: "Ainsi la séparation en classe s'accompagna de l'apparition et du développement de groupes de juges, de policiers et d'agents des services secrets, de généraux, de bureaucrates - à qui la classe privilégiée donna une partie de ses richesses pour qu'ils protègent son règne."

L'Etat de Droits est composé d'une justice, d'une police et d'une bureaucratie imposante.

Effectivement l'apparition de l'Etat de Droit est une conséquence de l'existence d'une classe moyenne forte et majoritaire. Car les classes pauvres n'ont pas la possibilité d'intenter des recours en justice, et les classes très riches ont recours à d'autre moyen que le Droit pour défendre leurs intérêts. Ainsi l'apparition de l'Etat de Droit dans les pays en voie de développement est tributaire d'une répartition des richesses du pays, telle une réforme agraire, capable de constituer une classe moyenne majoritaire.

Par contre les classes très riches ne trouvent pas leurs intérêts dans ce système qui les taxe, et vont développer un autre système dit d'économie libérale, qui impose, petit à petit aux Etats, la défense des intérêts des capitaux dont ils sont possesseurs.

On voit, dans cet exemple, la puissance d'explication que peut apporter le concept de classe introduit par Marx.

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4) Les origines du capitalisme

(p31)§4: "La différence va dans la poche du capitaliste, Marx appela cette différence la plus-value"

Cette plus-value, différence entre le prix de l'objet fabriqué et le salaire minimum donné à l'ouvrier pour qu'il puisse tout juste conserver sa force de travail et préparer la force de travail de ses enfants, est le deuxième concept le plus connu de Marx, qui constitue une dénonciation directe de l'exploitation capitaliste.

On l'oppose souvent à deux conceptions antinomiques, l'une libérale, qui prétend que le salaire est le résultat de l'offre et de la demande d'emplois et non du maintien de la force de travail, l'autre socialiste, qui défend que le salaire du travail est encadré dans une fourchette donnée par la loi, les conventions collectives, ou la valeur culturelle que le peuple accorde à ce travail.

La thèse libérale ne s'applique que lorsqu'il y a plus d'offres d'emplois que de demandes, soit dans des domaines très étroits tel que l'informatique, et donc conforte la théorie marxiste. La thèse socialiste, quant à elle, nous amène à utiliser un autre concept appelé également plus-value qui ne désigne pas la part que se réserve le capitaliste, mais qui correspond à l'augmentation de valeur de l'objet qui a subi un travail, et qui correspond par définition à la valeur du travail en question, valeur reconnue par la loi, les conventions collectives, ou la culture populaire.

Cette plus value affirme l'existence d'une valeur de production égale au coût réel engendré par des salaires fixés.

La valeur de production est égale à la valeur marchande en moyenne. Lorsqu'il y a ouverture vers un marché concurrentiel étranger à ces règles de fourchette de salaire, cela entraîne généralement la fermeture des activités et leur remplacement par l'importation....

On voit, dans cette exemple, la puissance d'explication que peut apporter le concept dérivé de plus-value dans le développement d'une théorie économique.

Marx ne manque pas de génie et nous aurions tord de ne pas réactualiser certains de ses arguments mémorables. Ainsi face aux propos méprisants des hommes politiques de tout bord parlant du Rmi, des fins de droit Assedic et des Alloc en terme d'assistanat, nous leur répondrons que les forces capitalistes donnent juste le minimum au chômeur pour préserver sa force de travail mise à disposition du patronnât, et qu'il serait grand temps que la rétribution des richesses produites se fasse sur des principes plus socialistes.

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(p31)§6 : "Dans la société actuelle, ceux qui sont assez riches peuvent acheter des moyens de production. Ils peuvent obliger tout le monde à leur vendre le travail nécessaire au fonctionnement de ces moyens de production."

Cette remarque précise comment la commercialisation des moyens de production engendre le capitalisme.

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(p33)§1: "D'énormes quantités de richesses sont dépensées pour la police et les armes. Elles sont utilisées par l'Etat pour les intérêts de la classe capitaliste. En réalité, elles appartiennent aux capitalistes, même si elles sont dirigées par l'Etat."

Ce n'est pas exact. Les entreprises d'Etat servent pour une grande part, à l'économie non marchande, et aux services publics. Aussi elles n'appartiennent pas aux capitalistes mais relèvent de l'Etat et d'une classe de hauts fonctionnaires (qui dans notre pays s'avère étroite et issue de l'ENA en opposition aux chefs d'entreprises issus des grandes écoles qui sont de tradition militaire.) Et s'il y en a qui sont partiellement privatisées, toutes les entreprises d'Etat n'ont pas été vendues. Il en existe encore qui sont nationalisées à 100%.

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6) Les crises économiques

Les prédictions de Marx sont toujours d'actualité annonçant des crises régulières de surproduction. Les prémisses de la théorie keynésienne étaient déjà là en germe.

Mais d'autres prédictions plus récentes ont été faites. De nombreux experts économiques prédisent une crise boursière sans précédent dans les 15 ans à venir qui anéantira les monnaies, la bourse, les banques, et la plupart des industries. Alors c'est le moment de prévoir de s'installer à la campagne, une petite ferme, un poulailler et quelques vaches....

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7) La classe ouvrière.

(p47)§2: "Dans toutes ces grandes luttes, la masse des forces insurgées était composée de la section la plus opprimée de la société."

Cela est vrai pour tous les combats où il y a beaucoup à perdre, et dans les deux parties qui s'opposent; "la chair à canon" est constituée principalement des basses classes, "l'Etat major" est constitué principalement des hautes classes. Le combat de classes, lorsqu'il a lieu, ne recoupe pas la séparation des classes. Néanmoins le brassage plus important, qui se fera dans le camp défendant les classes opprimées, fera toute la différence: L'éveil d'une conscience, que la confrontation des situations sociales personnelles rendra beaucoup plus pertinente, aboutira à des actes beaucoup plus mobilisateurs.

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(p48)§dernier: "Tous les mouvements historiques ont été, jusqu'ici, accomplis par des minorités ou au profit des minorités. Le mouvement prolétaire est le mouvement spontané de l'immense majorité au profit de l'immense majorité".(Marx)

Erreur, le mouvement prolétaire n'est pas spontané. La masse des prolétaires est conservatrice. Le mouvement est le fait d'une "élite" militante. Le parti communiste joua un rôle majeur dans la prise de conscience de la condition d'exploités de nombreux prolétaires. Cette prise de conscience permit le développement d'un syndicalisme radical et des luttes fondamentales sur les droits essentiels du travail.

Les opprimés intériorisent leur oppression, et soutiennent leur oppresseur, selon un mécanisme psychologique bien connu d'identification de la victime à son bourreau. Le bourreau pouvant être une autorité aussi bien concrète qu'abstraite comme un patron, une institution, ou juste une morale.

Par exemple on se souviendra des premières vacances qui furent instaurées en 1936. Des ouvriers, au matin des jours de vacances, allaient frapper à la grille des grandes manufactures, voulant travailler, ne comprenant pas pourquoi tout leur était fermé. Ne pas travailler était inconcevable. Comment? L'oisiveté mère de tous les vices! Moi paresseux, jamais!. L'ouvrier avait bien entendu les discours des camarades communistes, mais le curé lui avait dit que le communisme était l'úuvre de Satan, et qu'il risquait d'être en état de pécher mortel, il n'apporta donc aucun crédit à ces discours et adopta une attitude qu'il estima être digne vis à vis de sa modeste situation.

L'obstacle majeur à l'émancipation des classes exploitées est la résignation. Faite disparaître la résignation, et le monde capitaliste s'écroulera.

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8) Comment peut on changer la société ?

(p49)§4: "Ainsi, il y eut plusieurs gouvernements de majorité de gauche en France entre 1945 et 1998 - avec une majorité absolue en 1981 - pourtant nous ne somme pas plus près du socialisme qu'en 1945."

Le bilan des avancées des droits des salariés, lors de la 5ième République, est trop long pour être exposé ici intégralement. Mais quelques dates importantes me viennent à l'esprit :

1945 La Sécurité Sociale.
1956 Trois semaine de congés payés.
1968 Quatre semaine de congés payés.
1982 Semaine de 39 heures.
1982 Cinq semaine de congés payés.
1988 Revenu minimum d'insertion.
1998 Semaine de 35 heures.

D'autre part, la majorité doit respecter les droits des courants politiques minoritaires. La constitution l'y oblige. Aussi une courte majorité ne pourra pas mettre en oeuvre son projet rapidement, elle devra soit composer dans le temps (rendu incertain par le flux et le reflux des élections), ou composer avec d'autres composantes de la Société (entraînant des concessions et des risques d'être désapprouvé par sa majorité).

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(p51)§3: "A aucun moment n'interviennent les représentant élus - que ce soit un député ou un élu local. C'est aussi un acte de mutinerie pour un groupe de soldats, d'obéir à leur député plutôt qu'à l'officier."

La force armée est sous la responsabilité directe de l'Etat. Elle na pas mission de police. Elle ne doit pas être commandée par des autorités politiques locales.

Le Président de la République est le chef des armées, et s'il disparaît, la constitution prévoit une liste d'élus qui par défaut le remplace (le président du Sénat, le président de l'assemblé nationale, etc...).

Il existe des pays sans armées. L'armée n'est pas indispensable, et s'avère dans certain pays, le véritable frein à l'évolution civilisée. L'esprit militaire étant par essence un des mécanismes les plus avancé de l'aliénation humaine. Elle est parfois même la cause d'un retour à une barbarie sans non.

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(p51)§avant dernier: (parlant des officiers supérieurs de l'armée) "Il sont en lien avec la haute finance, appartiennent aux mêmes clubs, ont la même fonction sociale, partagent les mêmes idées (si vous en doutez, lisez la page courrier de quasiment n'importe quel exemplaire du Figaro). Il en va de même pour les dirigeants du service public, pour les juges, pour les commissaires."

Il est tout à fait excessif de placer les juges et commissaires dans la classe des officiers supérieurs de l'armée. Les fonctionnaires sont recrutés sur des concours très largement ouverts, rompant ainsi avec une tradition élitiste pré-révolutionnaire qui procédait aux nominations selon des liens de sang et de classe, et sur décision arbitraire.

Certes, la crise de l'emploi ces 20 dernières années à modifié en profondeur petit à petit la composition sociologique de la fonction publique, les concours étant devenus extrêmement difficiles à obtenir, du fait du nombre important de candidats pour un petit nombre de postes.

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(p54)§1: "En France, en 1968, le gouvernement du Général De Gaulle utilisa les élections, exactement, dans ce but. Les partis réformistes ouvriers et les syndicats appelèrent à la fin de la grève, et De Gaulle gagna les élections."

Chris Harman omet un point essentiel qu'est l'évolution des mentalités provoqué par mai 68. En dépit des accords de Grenelle qui cèdent aux salariés avantages et augmentations (sans même être signés par les syndicats), le mouvement de mai 68 toucha toutes les classes de la Société, des plus huppés aux plus modestes. Et la force de transformation sociale qu'occasionna cette révolte, cette remise en question du système, porte encore ses fruits: Les révoltés de l'époque étant devenus maintenant des acteurs influents de notre Société.

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(p54)§5: "Mais Marx et Lénine insistèrent sur le fait que la classe ouvrière ne pouvait commencer à construire le socialisme avant d'avoir, au préalable, détruit le vieil Etat basé sur des chaînes de commandes bureaucratiques, et ensuite créé un nouvel Etat basé sur des principes entièrement nouveaux."

Créer un comité de saluts publics (dont l'objet est de signer des condamnations à mort), cela peut être fait très rapidement. Mais créer de toute pièce, l'administration d'un Etat demanderait un minimum de 10 ans.

L'exemple du Générale De Gaulle reprenant les arènes du pouvoir après la guerre, est particulièrement significatif. L'administration française ayant inscrit son action dans la collaboration active, une purge était nécessaire. Mais seul les hauts responsables ont été écarté ainsi qu'un dépoussiérage constitué de personnes trop compromises. le Général était contraint s'il voulait utiliser cette administration immédiatement de conserver l'essentiel du corps, ce qu'il fit, et dont les conséquences s'étendirent jusqu'à nos jours....

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(p54)§7: "Ils doivent être le moyen par lequel la classe ouvrière en tant que majorité impose sa dictature au reste de la société, pas une dictature dirigée contre la majorité de la classe ouvrière."

De toute façon, dans le pacte Républicain, la majorité n'impose pas sa dictature à la minorité. Les droits des partis minoritaires sont préservés....

La Démocratie est un pacte tacite que chacun conclue avec l'ensemble de la société, et qui légitime aux yeux de la minorité les décisions majoritaires, mais qui accorde en contre-parti, des contraintes sur l'exercice du pouvoir de la majorité, un ensemble de règles, telle la liberté de parole, qu'il n'y ait pas de représailles à l'égard des opposants et témoins gênant, enfin une foule de choses qui revient à fonder le Droit sur les Droit de l'Homme, comme notre République le fait dans le préambule de sa constitution. C'est d'une façon simpliste les droits que la majorité s'engage a respecter vis-à-vis de la minorité en échange du fait que la minorité s'engage à respecter les décisions prises par la majorité.

Sans le pacte républicain, l'unité du pays n'est plus garantie, la minorité fais le choix de la scission en provoquant l'autonomie de quelque territoire. La majorité devra recourir à la force armée, si elle veut assurer l'unité territoriale, et cela entraînera une guerre civile....

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(p55)§1: "... la "police" et les "soldats" doivent être des travailleurs qui sont chargé tour à tour, par un système de roulement, d'assumer ses fonctions."

La fonction de policier (est non de milicien) et un métier qui demande une compétence particulière. Donc ne pourront exercer ce roulement que les personnes ayant une double compétence.

Ce souci de roulement avait déjà était exprimé par Montesquieu dans son ouvrage "de l'esprit des lois " pour éviter que des positions de pouvoir soient l'objet d'une concentration d'influences et d'abus qui se créent forcément autour d'une personne qui occupe une position de pouvoir sur une longue duré.

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(p55)§2: "Plutôt que les forces armées et la police soient dirigées par un petit groupe d'officiers, elles seront dirigées par des représentants, directement élus, de la masse des travailleurs."

La police ne doit pas être dirigée par des élus locaux (celle-ci est contrôlée par les préfets nommés par le gouvernement), car sa mission serait détournée par des intérêts politico-économique locaux.

Par exemple la police municipale n'est pas une véritable police, mais seulement un corps d'agents municipaux. Il ne sont pas assermentés et ne sont pas habilités à faire usage de la force publique. il sont chargés seulement de l'agencement dans la ville. Une police municipale armée constituerait une bande armée avec toutes les dérives que cela peut entraîner. (L'usage de la force publique dirigée par le maire de Vitrole. Un cauchemar!). L'exemple des shérifs au Etat Unis ne convaincra pas nos concitoyen de revenir sur ces principes.

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(p55)§2: "Les représentants des travailleurs dans un Etat ouvrier devront voir leurs lois mises immédiatement en application."

Il revient à la responsabilité du gouvernement d'appliquer les lois votées par les représentants du peuple (ou par le peuple lui-même en cas de référendum). Ce point est essentiel, car la loi s'intègre dans une politique gouvernementale et ouvre toujours une marge dans son application qui n'est pas discuté au parlement (sauf si la loi en précise certaine modalité).

Si nous n'instituons pas cette responsabilité, alors il existera un exécutif informel qui prendra soin de mettre en oeuvre les lois selon des modalités arbitraires, toutes celles qui n'ont pas été débattues, et qui n'aura de compte à rendre à personne. Cette remarque fut un des arguments de Montesquieu pour justifier l'institution et la séparation entre le pouvoir législatif et exécutif.

Le gouvernement peut ne pas vouloir endosser la responsabilité d'une loi, et démissionner. Il convient de donner au parlement plus de moyens de suivre et de contrôler ce que les lois qu'il a votées deviennent et comment elles s'appliquent, de lui donner une plus grande autonomie dans la gestion de son ordre du jour, et de contraindre d'avantage le gouvernement dans son choix, de mettre en oeuvre la volonté du parlement ou de démissionner, sans attendre la censure de ce dernier.

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(p55)§2: "Et de même, des représentants ouvriers élus devront interpréter ces lois à la cour."

La lever des imprécisions de la loi se fait, au coup par coup, aux cours des arrêts de justice selon un mécanisme de jurisprudence, par des magistrats professionnels. Si la cour était une réunion de représentants politiques locaux, elle compléterait la loi selon des décisions politiques et non selon l'esprit de la loi dans laquelle elle a été écrite. Les représentants politiques locaux n'ont pas vocation a compléter les lois décidées nationalement.

Par exemple, les prud'hommes sont constitués d'un magistrat professionnel et d'un collège de représentants syndicaux ouvriers et patronaux. Aussi il n'est pas reconnue de jurisprudence des décisions prise par les prud'hommes.

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(p55)§5: "Dans un Etat ouvrier, les élections concerneraient uniquement ceux qui travaillent, votant, seulement, après des discussions ouvertes. Ainsi le noyau de l'Etat ouvrier consisterait en des conseils ouvrier dans les usines, les mines, les docks, dans les bureaux, avec des groupes tels que les femmes de ménage, les retraités, les étudiants ayant leurs propres représentants.

De cette manière, chaque section de la classe ouvrière aurait ses propres représentants et serait capable de juger s'il ou elle suit ses intérêts."

Il est absurde de vouloir exclure certaine catégorie de citoyens des élections. Néanmoins cette position était progressiste à l'époque puisque les premières Républiques n'accordaient le droit de votes qu'à une élite et en interdisait l'accès aux femmes. Le suffrage universelle est un concept assez récent (propre à la 5ième République).

Des représentants par branche professionnelle s'inscrivent bien dans une structure syndicale puisque des conventions collectives tripartites doivent être signées dans chaque branche. Dans une assemblé législative cela ne s'impose pas. La division de la représentation nationale selon les professions constituerait une dichotomie verticale de la société qui a toujours été combattue par les socialistes. Car celle-ci renforce l'esprit hiérarchique de la profession. Et la défense de la profession ne correspond pas à la défense des salariés en bas de l'échelle dans cette profession.

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10) Le parti socialiste révolutionnaire

(p62)§5: "Cela dit, la démocratie n'est pas un système d'élection mais un débat continuel au sein du parti - une interaction continuelle entre les idées socialistes sur lesquelles le parti se base et l'expérience de la classe ouvrière."

La démocratie, c'est le pouvoir au peuple et pas seulement la parole.

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11) L'impérialisme et la libération nationale

(p68)§3: (parlant des pays colonisés) "Nous devons soutenir une lutte de libération sans conditions, bien avant de critiquer la manière dont elle est conduite."

La cause ne justifie pas les moyens.

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12) Marxisme et féminisme.

Les analyses de Chris Harman au sujet de la lutte des femmes ne convaincront personne. La lutte des femmes est une lutte transversale qui touche toutes les classes de la société.
 

oOo

Nous joignons en annexe le discours célèbre de Jean Schuster fait à Cuba en 1967 qui positionne le Surréalisme vis-à-vis de la révolution.

 

Web 18 décembre 1998

Motion sur les bombardements en Irak (Conseil fédéral du 18 décembre 1998)

 

PARTI SOCIALISTE

 CONSEIL FEDERAL DU CALVADOS

LE 18 Décembre 1998


MOTION

La Fédération du Calvados du Parti Socialiste condamne fermement la frappe américaine et britannique contre la population de l'Irak sans l'accord de l'ONU en mettant, par là même, en cause la légitimité.

Cette action est contraire à tout accords internationaux et prouve la détermination américaine, avec leurs alliés britanniques, à jouer le gendarme international.

Nous refusons de manière déterminée d'accepter le modèle du monde que les américains essayent de nous imposer, à savoir un monde où ils seraient juges et partie sans prise en comte du contexte international.

La "Pax américain" selon Clinton n'est pas notre choix politique même si les agissements du gouvernement irakien ne peuvent qu'être condamnés au nom de la démocratie et au nom des Droits de l'Homme.

Texte adopté à l'unanimité

 

 

Web 25 mars 1999

Amemdement sur la défense européenne (Convention sur l'Europe 1999)

N 7

CONVENTION NATIONALE SUR L'EUROPE


Amendement adopté par la Fédération du Calvados
Le 25 Mars 1999


"La défense européenne"

 

Dans la partie "La France, L'Otan et la défense européenne", remplacer le titre par :
 

La défense européenne

Remplacer la premiére phrase "La disparition du clivage Est-Ouest a mis fin à la menace militaire qui pesait sur l'Europe et aux risques d'affrontements majeurs sur notre continent." par :

L'effondrement du bloc de l'Est a vu l'avénement d'une hyperpuissance hégémonique. Or il est inacceptable que les Etats-Unis, ou tout autre pays, puissent déclencher une guerre dans leurs seuls intéréts, et inadmissible que l'Europe réagisse en ordre dispersé. L'Union Européenne a apporté une paix durable entre les pays membres, et son exemple contribuera à réduire les conflits existants sur tout le continent.

Remplacer les 3 premiéres phrases du second paragraphe "La paix et la sécurité", jusqu'à "de la sécurité internationale", par :

L'Union européenne doit se doter d'institutions destinées à renforcer la politique étrangère et de sécurité commune. Son rôle modérateur et médiateur permettra d'initier et d'ouvrir des négociations sur des problémes internationaux (tel une conférence sur le probléme kurde par exemple) et donnera les moyens à l'Europe de jouer un rôle majeur sur la scène internationale. Cela ne pourra se faire sans une nette remise en cause de l'hégémonie américaine, et sans l'affirmation et la défense des régles internationales émanant de l'Onu.

 

POUR     44
CONTRE  1
ABST       4

 

 

Web juillet 1999


Lettre publique de démission du Parti Socialiste

 

Je, soussigné Dom Mabb, démissionne du Parti Socialiste. J'exige ne plus faire parti ni des adhérents ni des sympathisants. J'exige que mon nom soit retiré des fichiers informatiques.

Motif de la démission
 

 

Divergence de politique étrangère lors des faits suivants (ordre chronologique) :

1- Bombardement d'une usine au Soudan (1998).
2- Bombardement de l'Irak (Décembre 98).
3- Emprisonnement de Miron Cozma, leader syndicaliste roumain. (Février 99).
4- Enlèvement du chef du PKK, Ocalan (Février 99).
5- Guerre contre la Serbie (Avril 99).
6- L'inculpation de Milosevic par le Tribunal Pénal International (Mai 99).
7- Défiler du 14 juillet avec Hassan II comme invité d'honneur (Juillet 99).

1-(1998) Le bombardement d'une usine pharmacologique au Soudan par les américains, suivi du véto américain contre l'ouverture d'une enquête Onusienne sur cette usine accusée par eux de fabriquer des armes prohibées, n'ont entraîné de la part des dirigeants français que de petites réserves. Le seul ministre qui a critiqué ouvertement cet attentat meurtrier, J-P Chevènnement, est tombé quelques semaines plus tard dans un coma profond au cours d'une opération chirurgicale bénigne (difficile de ne pas faire le rapprochement).

L'attitude française est inexcusable et inexplicable. La raison d'Etat laisse supposer qu'il y a échange de bons procédés entre les dirigeants au mépris du droit international et au mépris des peuples, toute chose contraire au Socialisme et à la Démocratie.

2-(Décembre 98) Honneur à la France qui reçoit et donne la parole à la tribune de l'Assemblé Nationale française, pour la première fois de son histoire, à un secrétaire générale des nations unis, Kofi Annan, qui excella dans un discours très prometteur de paix et de justice internationale. Cela fût sans compter le coup de Jarnaque 10 jours plus tard, et déjà en préparation, par les Etats-Unis et l'Angleterre:

En pleine séance du Conseil de sécurité avec comme invité exceptionnelle, l'Irak, les membres permanents apprennent par les médias le bombardement surprise de L'Irak par les américains. Les américains, rejoint le lendemain par les britanniques dans leurs efforts de guerre, ont violé de façon caricaturale la charte de l'Organisation des Nations Unies. La France humilié, l'Onu bafoué, nos dirigeant se refuse toujours à condamner cette violation caractérisé, ils préfèrent justifier cette agression par un manque de coopération du chef d'Etat Irakien Hussein.

L'attitude française est inexcusable et inexplicable. La raison d'Etat laisse encore supposer qu'il y a échange de bons procédés entre les dirigeants au mépris du droit international et au mépris des peuples, toute chose contraire au Socialisme et à la Démocratie.

3-(Février 99) Après d'importantes manifestations, le mouvement sociale exemplaire des mineurs roumains dirigé par Miron Cozma remporte une grande victoire. Mais sous la pression du FMI et de l'Europe, le gouvernement roumain, jeune démocratie, renonce à ses engagements envers les mineurs et condamne le leader syndicaliste Miron Cozma à 18 ans de prison ferme pour rébellion contre l'Etat.

La France devait exprimer sa désolidarité à de tel pression exercée sur la Roumanie et doit protester contre l'internement du chef syndicaliste. Au lieu de cela des agents officieux ont orchestré une campagne de décrédibilisation de Miron Cozma en l'accusant de collusion avec l'extrême droite.

4-(Février 99) L'enlèvement du chef du PKK Ocalan avec l'aide des services secrets turc, américain, israélien, et de services secrets soudoyés de quelques pays d'Europe, provoqua une vive indignation en Europe, rappelant en France la sombre affaire Ben Barka, entraînant en Grèce la démission de trois ministres compromis dans cette trahison.

On appris alors avec stupeur que la France avait refusé d'accueillir Ocalan malgré ses demandes insistantes d'asile politique depuis plusieurs mois. Mais, plus stupéfiant encore, fut la déclaration scandaleuse du ministre des affaires étrangères Védrine, demandant qu'Ocalan soit jugé....

5-(Avril 99) La guerre contre la Serbie fut mené en violation de la Constitution française qui exige l'autorisation formelle du Parlement. Elle viole de façon caricaturale les règles internationales et va à l'encontre des intérêts de la France. (Je m'engage présentement à oeuvrer pour que soit jugé les responsables de cette guerre sur le motif de haute trahison ou de crime.)

La guerre fut justifier, après coups, pour des raisons humanitaires, puis pour les droits de l'homme, puis pour des raisons de lutte contre le racisme, autant de détournements inadmissibles. La lutte contre le racisme et pour les droits de l'homme ne justifie en rien la guerre contre la Serbie.

Les accords de rambouillet ont été une mascarade, un traité grotesque et inacceptable imposé par la force, maintenu dans le secret, et dans le quel la France à jouer un rôle ignoble au service d'intérêts étrangés.

6-(Mai 99) L'inculpation de Milosevic par le Tribunal Pénale Internationale pour crime contre l'humanité en pleine guerre marque l'allègeance du tribunal à la politique impérialiste de l'Europe. En prenant cette décision partiale et juridiquement absurde, le tribunal tente de redonner une certaine légalité aux agresseurs que sont les pays de l'Otan. Personne ne sera dupe, le charme est rompu, le masque est dévoilé, l'institution n'a pour seul but de justifier l'usage de la force dans les conquêtes impérialistes futures. Nous oeuvrerons dorénavant à sa reconstruction.

7-(Juillet 99) "Un roi sur les Champs-Elysées pour fêter la prise de la Bastille, et le début de la fin de la royauté, c'est pour le moins cocasse. .../... Avec Hassan II, c'est trente-huit années d'embastillages : en matière de cages et d'oubliettes, le souverain chérifien aura été le digne continuateur de notre Louis XI. .../..." (extraits du Canard enchaîné). L'hommage du gouvernement au roi du Maroc constitue le pompon, la cerise sur le gâteau, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, l'illustration finale de la compromission.

L'ensemble de ces faits prouve que le Parti Socialiste actuel s'inscrit comme un des éléments moteurs du nouvel impérialisme occidental (comprenant l'impérialisme de l'Europe) qui tend à imposer par la force, le capitalisme et ses mécanismes d'asservissement, aux peuples du Sud et de l'Est.

A la vue des sommes d'argent considérable dépensées dans l'effort de guerre contre la Serbie, ainsi que des moeurs du gouvernement américain accordant une prime de 30 millions de dollar à toutes personnes aidant à l'enlèvement du président yougoslave Milosevic, la possibilité pour que des hommes politiques importants dans notre pays soient soudoyés par la CIA ne devra plus être négligée.

Deux nouvelles armes politiques sont utilisées : L'utilisation de la lutte contre le racisme pour justifier des politiques internationales scandaleuses, détournement rendu possible par le silence des dirigeants des organisations de lutte contre le racisme. Et le discrédit de personnalités politiques et syndicales accusées de collusion avec l'extrême droite afin de minimiser l'impact de leurs thèses idéologiques.

 

Respectueusement.

 

 

Dom Mabb

Membre démissionnaire
du Bureau Fédérale des Adhésions du Calvados

Membre suppléant démissionnaire
du Conseil Fédéral du Calvados
 
 

Web décembre 1999

Déclaration politique
décembre 1999

" Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquière les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. "

Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 repris dans la Constitution du 3 juin 1958
 

"La misère et l'insécurité sont des fléaux qui ne deviennent acceptables que lorsqu'ils sont partagées par tous : Si vous ne voulez pas partager votre richesses et votre paix, nous partagerons notre misère et notre violence." Tels sont les paroles qui seront scandées par les meneurs que nous attendons, hommes ou femmes providentiels issues du bas niveaux (que Marx réduit à une pure conséquence du déterminisme historique des luttes de classes, ou que d'autres reconnaissent comme le résultat d'une intervention divine, pour ma part je pense que le hasard joue un rôle beaucoup plus important mais que ce hasard peut être aidé d'un coup de pouce par tout un travail préliminaire dont cette déclaration fait partie).

La France et le monde n'ont jamais été aussi riches, et les inégalités n'ont jamais été aussi grandes. La raison en est la suivante : Les possédants louent leur richesse selon le critère du profit maximum, tandis que les biens et services collectifs qui permettaient à tous de vivre sans avoir recours à un quelconque capital sont vendus à ces mêmes possédants, obligeant les individus sans richesse particulière à avoir recours à leur service, soit pour louer des capitaux afin de créer une activité capable de subvenir à leur besoin, soit pour leur vendre leur force de travail, et leur maigre revenue salariale ne contribuera pas à combler les inégalités, car les sommes d'argent acquises par locations de capitaux sont beaucoup plus importantes que celles acquises par salaires. Cette raison porte un nom, c'est le capitalisme, le capitalisme qui du fait des progrès considérables de la sciences permettant bientôt de produire sans ouvrier, est devenu un poison mortel pour toute société humaine.

Dom Mabb
 
Web Août 2001

Philosophie politique


"La civilisation a apporté trois calamités que sont
la religion, l'armée et l'économie capitaliste."
D.M-S

1) La religion

Les institutions religieuses ont toujours, en tout lieu et à toute époque, étaient les commanditaires aveugles de l'obscurantisme. Niez-vous ce qu'apporte les prophètes, ce que contribue l'enseignement privé religieux, et les études morales et théologiques.... Je répondrai à cela que nulle prophète ne constitue une institution de son vivant, que l'enseignement en dehors de l'endoctrinement religieux, est laïque par nature, et que même fait par des religieux cela n'en change pas sa nature, quand aux savants théologiens, ce ne sont que discutions byzantines si ce n'est pas de l'escroquerie.... Niez-vous l'aide spirituel qu'apporte au croyant le seul fait de croire.... Cette aide n'est nécessaire que dans des cas extrêmes, comme par exemple, pour atténuer la souffrance d'une mère qui a perdu ses fils tués par la soldatesque ennemie, ou pour celui qui s'apprête a sacrifier sa vie pour une juste cause, les images pieuses de martyres atténueront la souffrance du renoncement. Mais en dehors de cela, c'est une prison que l'on fabrique en soit-même dans sa tête et qui remplace les limites auxquels nous étions soumis dans notre enfance. Niez-vous l'ordonnancement de la société, la légitimité des élites comme récompense divine, l'unité de la nation par le droit divin, la morale qui s'impose à tous. Le déclin de la religion a commencé lors de la Révolution française, lorsque la philosophie a discouru des fondements de la morale sans recourir aux commandements religieux. Et c'est Voltaire qui affirma que la morale se déduit d'un seul principe : "Tu ne fera pas à autrui ce que tu ne veux pas que l'on te fasse à toi". L'unité de la nation est un problème politique et non religieux, du reste, c'est bien l'ingérence de la religion dans ce domaine qui est à l'origine de quasiment toutes les guerres connues. Quant à la légitimité des élites, elle est naturellement contestable et doit être remis en question constamment sous peine de laisser s'institutionnaliser la "corruption des élites" : Chaque corps professionnel établissant ses propres règles de fonctionnement, sa hiérarchie et ses secrets, on aboutit à une sorte de corruption légalisé non connue du peuple sous prétexte d'une pseudo complexité de la profession. Et c'est bien là que l'on retrouve unie, conservateur "bosse et soumet toi, tu aura une part du gâteau", marchand "tout ce vend, du moment que l'on touche une bonne commission", religieux "tu gagnera ton pain à la sueur de ton front", groupés pour combattre toute règle théorique d'équité au profit de l'expérience révélatrice, de l'initiation au secret privilège, celui de se servir légalement dans la caisse.

Cette évolution s'inscrit dans un mouvement générale de recule de l'égocentrisme : Le déclin de la religion constitue bel et bien l'émergence d'une philosophie matérialiste. (Petit aparté à l'attention des apprenties philosophe pré-bachelier : Le matérialiste n'est pas celui qui accorde plus d'importance aux choses qu'aux individus, l'avare ou le fétichiste, mais celui qui conçoit que dans notre univers, l'esprit découle de la matière et non l'inverse). La prise de conscience que l'esprit humain s'avère très dépendants de son environnement, en accroît paradoxalement son indépendance. Aussi le déclin de la religion au profit d'une philosophie matérialiste constitue bel et bien une ouverture (au sens où les évolutions possibles de la société deviennent multiples et davantage imprévisibles).

Voltaire et le relativisme individuel : "Je suis moi, mais je pourrai être lui. Aussi, ne fait pas à lui ce que tu ne veut pas que l'on te fasse à toi". Voltaire applique sans le savoir un principe de relativité pour fonder la morale, qui de ce fait le place sur la liste des pourfendeurs de l'égocentrisme.

Mouvement générale de recule de l'égocentrisme :
Galilée : "La terre tourne autour du soleil",
Darwin : "L'homme vient du singe",
Voltaire : Le relativisme individuel,
Chomsky : Le relativisme des civilisations.


Dom Mabb
 

Web Août 2001

Orientation politique

" La décentralisation des outils de production
est la réponse écologique, sociologique,
et démocratique du 21ème siècle
"
Dom Mabb

 

1) Introduction

La France est devenue dépendantes de l'orientation économique des état-unis et des grandes firmes et banques internationales ainsi que de la banque centrale européenne, pour trois raisons essentiellement :

1) L'abandon du système d'économie mixte, moitié privé, moitié publique, qui avait été renforcé par le générale de Gaule et qui avait déjà fait ses preuves, en matière de stabilité, lors de la crise de 1929.

2) La centralisation et monopolisation des outils de production dans des pays étrangers.

3) L'abandon de la monnaie nationale.

(La banque centrale européenne est dirigé par une guilde de hauts fonctionnaires cooptés n'ayant de compte a rendre à personne, couronnés d'une légitimité nouvelle certes non divine mais relevant quand même d'une espèce de transcendance de l'argent. Il est à noter qu'ils se servent allégrement dans la caisse en s'octroyant des salaires prohibitifs en aucun rapport avec le travail fourni ou le risque encouru.)

La marge de manoeuvre du gouvernement français est minime, car toute politique ouvertement hostile au libéralisme entraînera une fuite des capitaux à l'étranger, une récession économique brutale et une fuites des cerveaux. De plus, pour des raisons circonstanciels, les gouvernants actuels se satisfont de cette dépendance, sachant que l'aide financière occulte des grandes firmes et banques ainsi que le soutiens discret de quelque grande puissance étrangère joue un rôle important dans les élections actuelles.

La première tache à opérer sur le tissu économique est la décentralisation des productions, rendu possible grâce aux nouvelles technologies de miniaturisation. Cette décentralisation réglera en même temps les problèmes écologiques, sociologiques et démocratiques qui accompagne l'économie capitaliste, et ouvrira de larges marges de manoeuvre pour les gouvernements futures. L'autre avantage de cette décentralisation est l'accroissement de la défense passive du pays. En effet, les centralisations en des points précis sont autant de points de faiblesse où peut prendre prise l'ennemi en cas de conflit plus ou moins ouvert. Nous aborderons cette décentralisation par le biais de la défense passive en tirant les leçons de la guerre en Serbie, un excellent exemple de pays démocratique, développé, entré dans un conflit ouvert.

2) La défense passive.

En cas de conflit ouvert, les grands centres de réserves et de production de l'énergie sont détruites. Aussi ce sont les petites réserves dissimulés sur tous le territoire qui assure le maintien du minimum nécessaire. On pense évidement aux pompes à essence, aux réserves de fuel domestique et autres carburants. Il faut rendre autonome chaque groupement de construction en matière d'énergie, assurer une réserve de carburant enfoui et des convertisseurs en énergie électrique (de nouveau procédé révolutionnaire existe, leur coût seront très faible dès qu'ils seront produit en grande quantité). Dans cette esprit il faut encourager la création de nombreuse centrale électrique plustôt qu'une seul volumineuse.

.........

Dom Mabb
 

Web Septembre 2001

Texte parodique

Et en ce jour du 11 Septembre 2001, les anges de l'apocalypse jaillirent du ciel. Deux s'abattirent sur les buildings du World Trade Center. Les tours éventrées, après avoir montré au monde leurs plaies béantes, s'effondrèrent d'un seul coup comme des châteaux de cartes emportant à une mort certaine tous leurs occupants, telle la "Tour de Babel" réduite en poussière par la colère de Dieu. Un troisième foudroya le Pentagone en y propageant un incendie qui perdura 7 jours....

Une des "sept plaies d'Egypte", version moderne appliquée ici à l'Amérique, venait de s'abattre, impitoyable, effroyable. Est-ce un remake, cette fois en faveur du peuple palestinien à la recherche d'une terre, rendu esclave par l'Occident ?. Est-ce plus que cela, le premier coup porté contre le "pharisaïsme" : le marché financier qui colonise et rend esclave les peuples de la Terre ?.

Sans nul doute, avons-nous vécu une nouvelle épopée "biblique". Et qui d'autre qu'un athée, de par son objectivité, peut vous en persuader. Il est en effet le plus amène de reconnaître le caractère divin de l'événement.

J'atteste donc, moi athée, que cet événement est miraculeux.
 

 

Web Octobre 2001

Sur la nécessité d'une purge dans les médias d'information

Comme dans toute guerre, l'information diffusée au peuple est un enjeu majeur. Des sommes d'argent considérables, comparables à ceux dépensées pour l'effort de guerre, sont affectées à cette tâches, qui consiste à contrôler les médias d'information en y plaçant soit directement des agents, ou par intimidation, en faisant comprendre aux personnels en place où sont leurs intérêts grâce à des bakchichs substantiels et des promesses d'avancement. Il est à noter que, de par le libéralisme excessif de cette dernière décennie, la plus part des présentateurs ainsi que des directeurs de chaîne s'octroient des salaires exorbitant, ne correspondant en rien avec le travail fourni ou le risque encouru. Il n'est alors pas étonnant que ceux-ci soient poussés naturellement à défendre les intérêts capitalistes qui leur assure la pérénité de leur privilège. (Il en est de même dans les organes de presse à grand tirage). Mais, le processus propagandaire pour cette nouvelle guerre a dépassé largement les bornes admissibles.

Certes la perspective d'une chasse au sorcière est moralement fort peu ragoûtante, bien que d'une efficacité reconnue : le maccarthysme en est un exemple remarquable, 50 ans plus tard on ne peut que constater en Amérique les effets spectaculaires de cette période pourtant relativement courte. Je vais exposer les raisons pour lesquels cette purge est devenue impérieusement nécessaire.

La propagande tue. Il faut extraire ce qui est la cause du crime, ce qui est la cause de cette guerre abjecte. Ces penseurs qui ont promu l'argumentaire en faveur de la guerre, avec des arrières pensées sionistes, ces directeurs de journaux qui ont porté l'auto-censure jusqu'à son paroxysme, ces éditorialistes et présentateurs péteux et condescendants qui se croient porteur des valeurs universelles de l'humanité, ce sont eux qu'il faut désigner comme bouc émissaire. Leur engagement intellectuel constitue une tâche de sang indélébile..., de la même façon que ce texte pourrai être la cause d'un crime à leur en contre et me serai préjudiciable si tel était le cas.

Comment organiser cette purge?. Soit par la méthode forte, en constituant des juridictions spéciales et des sanctions similaires à celles utilisées lors du maccarthysme, ou par la manière faible en réduisant les salaires, et en constituant un service publique d'information, basé sur d'autres principes que commerciaux ou de subordination gouvernementale. Le choix dépendra de l'ampleur du désastre occasionné par la politique folle de représaille anti-talibanne, de l'ampleur des massacres famine et pendémie occasionnés par les bombardements, qui naturellement commandera l'ampleur des sanctions à appliquer. La démocratie dévoile ses limites. Elles sont causées par la présence du quatrième pouvoir que constitue la presse aujourdhuis. Son influence accrue par la mondialisation et la concentration des capitaux, rend caduc les shémas classiques de fonctionnement de notre constitution. Interdire le financement des partis politiques par les entreprises ne suffit plus, il faut étendre cette interdiction à la presse. Il faut museler la presse commerciale. Il n'y a pas d'information objective si celle-ci est vendue....

Dom Mabb
 

Web Novembre 2001

APPEL

Il est de plus en plus nécessaire de dénoncer cette guerre abjecte de représailles anti-talibanne, d'invoquer le principe de relativisme des civilisations, et de rappeler que nous ne somme pas détenteur des valeurs universelles : Ce n'est pas à nous de déterminer quel régime politique s'installera à Kaboul. Ce sont ceux qui ont donné leur vie dans la lutte pour l'indépendance de l'Afghanistan, à qui revient cette tâche. Et si les vertus démocratiques leur font défaut, ce n'est certainement pas par la guerre que nous les convertirons.

Certes, en temps qu'athée je ne peut soutenir le régime religieux taliban. Mais devant l'injustice sanglante qui leur est faite, je soutien pleinement leur résistance.

Eu égare au principe de relativisme des civilisations, et aux respects des promesses données; des règles internationales que l'on s'est fixées. Du fait que nous partageons une responsabilité des crimes commis par nos gouvernants dans cette agression militaire sans précédent à l'encontre de l'Afghanistan et de son régime, certes religieux et obscurantiste, mais établi. Un devoir moral nous oblige à porter assistance dans leurs résistances, aux talibans et à leur invité M. Oussama Ben Laden, dont je le rappel, la France n'à aucun grief à lui reprocher.

Nous dénonçons la propagande guerrière qui accapare nos journaux et nos chaînes de télévision ainsi que l'éloge des crimes de guerre. L'objectif de la guerre est-elle l'extermination des armés talibannes, ce qui expliquerait pourquoi il n'y a pas de négociation ?. La propagande tue, ne l'oublions pas. On ne sera pas dupe.... La mauvaise foie des journalistes et des politiques, s'alliant par opportunisme à la politique folle et barbare des Etats-Unis, ne sera pas oubliée : Nous leur demanderons des comptes.

Dom Mabb
 

Web Décembre 2001

Pétition pour la réhabilitation du commandant Bunel
Cette pétition sera envoyée au future président de la République.

La condamnation du commandant Bunel pour avoir transmis les lieux et dates des bombardements de l'OTAN aux autorités serbes, prouve une fois encore la lente progression de la main mise des américains et des puissances capitalistes sur le libre arbitrage de la politique étrangère française.

Le commandant Bunel a agit en conscience, sur instruction des services secrets français, et dans le respect des intérêts de la France. La Serbie est en effet un allié fidèle de la France depuis déja plusieurs guerres, et c'est avec une affliction certaine que l'on a pu voir les bombardiers allemands participer à la campagne de destruction de la Serbie, prenant ainsi revanche 50 ans plus-tard sur la résistance héroïque du peuple serbe contre les nazis.

Les actions de guerre engagées au coté de l'OTAN, sont contraire à l'esprit de la Constitution française qui exige l'autorisation formelle et préalable du Parlement pour une entreprise de guerre de cette envergure. Elle viole de façon caricaturale les règles internationales, et va à l'encontre de nos intérêts, pour servir d'autres intérêts étrangers et obscurs : en particulier, l'achèvement de la guerre froide par une victoire militaire de l'OTAN, et la destruction de l'économie socialiste serbe qui, de part son caractère autogestionnaire et ses bonnes performances (malgrès l'embargo), aurait servi d'exemple pour les autres pays du bloque si elle n'avait pas été saccagée par les bombardements Américains.

La cohabitation politique entraîne une surenchère dans la lâcheté et la compromission avec les puissances voisines, et est nullement propice à l'instauration d'une politique étrangère indépendante et respectueuse des intérêts de la France et de ses valeurs dans le monde.

Aussi les responsables de cette guerre sont-ils poursuivables pour crime de haute trahison. Mais si les responsables politiques sont condamnables sur ce motif, si la plupart des chefs politiques ont trahis, la problématique se pose différemment pour les commandants militaires qui mettent en oeuvre leur décision. Lorsque les plus hautes instances de l'Etat sont infiltrées et neutralisées par des intérêts étrangers ennemis, le militaire commissionné doit savoir prendre l'initiative qu'il convient et que la France attend de lui. Et c'est tout à l'honneur du commandant Bunel d'avoir agit de la sorte. Après avoir pris conscience de l'absurdité de cette guerre auprès de ses compagnons d'armes, après avoir constaté la trahison des principaux chefs politiques, et après le conseil de certains agents éclairés des services secrets français, en informant secrètement des plans de bombardement les autorités serbes, non seulement le commandant Bunel sauva la vie de millier de serbes alliés à la France, mais il sauva l'honneur de l'armé française.

L'armé s'est professionnalisée. Le service militaire étant révolue, la société civile n'est plus partie intégrante en son sein. Aussi les citoyens sont-il davantage exigeant sur sa composition quant ils ont l'occasion rare d'en discourir. Nous sommes satisfait des prestations du commandant, qui participe pleinement à la défense de notre pays, de nos intérêts, et de nos valeurs dans le monde, et demandons qu'il soit réintégré comme commandant au sein de notre armé, avec tous les honneurs qui lui est du.

Monsieur le président de la République, nous vous demandons la grâce et la réintégration du commandant Bunel.

Nom :
Prénom :
Profession* :
Ville :
Signature :
 

 

Web Mars 2003

La déclaration de guerre (Mars 2003)

Communiqué

L'Amérique suivi par deux petites puissances militaires, l'Angleterre et l'Australie, ont commencés l'invasion et le bombardement de l'Irak. Cette agression viole le droit international.

Nous somme outrés par cette guerre de conquête dont le but est principalement hégémonique. Par ces faits, les Etats-Unis deviennent la première menace pour la paix et la liberté dans le monde. Rappelons le principe du relativisme des civilisations et de la libre détermination des peuples.

Nous apportons notre soutien à la résistance du peuple irakien face à cette agression inouïe et sans précédent à l'égard d'un Etat membre de l'ONU.

Nous récusons l'idée de supériorité d'une civilisation par rapport à une autre, et de l'usage de la force pour imposer ses valeurs à d'autre pays. Les conflits entre pays doivent être traités par le dialogue à l'ONU et non par la guerre.

Le mouvement de protestation contre cette guerre est massif. Nous appelons à l'amplifier, en exigeant la fermeture des bases américaines sur le sol européen. Nous exigeons le blocage de toute collaboration avec les Etats-Unis dans tous ce qui pourrait apporter un appui à la guerre tel que l'utilisation de l'espace aérien européen, et nous appelons à les bloquer par la grève dans les secteurs concernés.

Démontrons de façon éclatante notre détermination à résister à la tentative d'hégémonie mondiale des USA menée par G. W. Bush !.

Dom Mabb
 

Document syndical Avril 2003

Déclaration intersyndicale dénonçant la guerre des Etats-Unis
(faite lors de la tenue du comité technique régional de la DRTEFP de basse-Normandie)

Nous faisons part de notre effroi, stupeur et révolte face à l'agression délibérée de l'Irak par les armés américano-britanniques.

Il nous a été difficile d'exercer notre métier sereinement, nous qui somme attachés au respect du droit, alors que celui-ci était transgressé sur la scène internationale et accompagné d'actes barbares, crimes de guerre, que constitue l'écrasement d'une armé irakienne affaiblie, dans sa mission normale de défense de son pays, par une coalition américano-britannique technologiquement surpuissante.

En effet, comment ne pas être désarçonnés, nous, fonctionnaires, soucieux du respect de l'équité et de la défense du faible, lorsque l'apologie du crime et de l'arbitraire de la force s'étale dans nos journaux et à la télévision ?

Nous apportons notre soutien aux fonctionnaires irakiens face à l'occupation Américaine, et appelons nos gouvernants à leur accorder l'asile politique le cas échéant.

 
1996  -  avril 2003