Modèles économiques

Modèles économiques

 

  1. Analyse
    1. Modèle
    2. Modèle sociologique
    3. Modèle économique
    4. Modèle économique libérale et capitaliste
    5. Les différentes sphères de pouvoir
    6. La sommabilité des pouvoirs économiques
    7. L'entité capitaliste
  2. Description du modèle
    1. Un modèle économique le plus simple
    2. L'économie réel du modèle :
      • Les règles déterminant les flux d'usines et de biens.
    3. L'échange, le commerce et la propriété
    4. L'indifférenciation des biens et la non auto-alimentation des entités
    5. Les outils de production
    6. L'impôt et le revenu universel
    7. Le marché libre et l'égalité entre les consommateurs individuels
    8. Prix de vente unique
    9. Protocole d'achat
    10. Le marché d'offres concurrentielles
    11. Pas d'échange d'information
    12. Le marché libre d'offres concurrentielles :
      • Les règles déterminant l'achat et la vente des biens sur le marché
    13. Le comportement des entités
    14. Le comportement aléatoire des entités :
      • Les règles déterminant le comportement des entités
    15. Le rôle de redistribution de l'Etat
    16. L'Etat :
      • Les règles déterminant les impôts
    17. L'évolution technologique
    18. L'évolution démographique
  3. Les conditions initiales

I) Analyse

1) Modèle

Un modèle se résume la plus part du temps en un système d'équations différentielles et peut être résolu de façon approchée avec une précision arbitrairement grande par un calcul itératif selon la méthode d'Euler.

Dans le modèle on définie deux types de données, que sont les conditions initiales et les paramètres. Les conditions initiales regroupent l'ensemble des données caractérisant l'état initial du modèle, tandis que les paramètres sont des données restant invariantes durant toute la simulation et caractérisent ainsi le type de modèle.

2) Modèle sociologique

Nous dirons que le modèle est sociologique, au sens large, c'est à dire une sociologie appliquée à une entité autre que l'homme, lorsqu'il est composé d'entités autonomes inter-agissantes entre-elles et obéissant à une logique. Le modèle peut s'éloigner des réalités pour aller vers des récréations mathématiques, et étudier le devenir de sociétés imaginaires composées d'une multitudes d'entités autonomes inter-agissantes entre-elles et obéissant à différentes logiques. Notez que les modèles simulant des phénomènes physiques, basés sur un maillage de l'espace, ne sont pas des "modèles sociologiques" car une maille n'a pas d'autonomie.

On appellera expérimentation exacte, le calcul du modèle par l'ordinateur, essayant un certain nombre de conditions initiales et de paramètres. Tandis qu'on appellera expérimentation réel, la comparaison du modèle avec la réalité.

Par la seul expérimentations exacte, on peut tirer un certain nombre d'enseignements. Et cette science basée sur l'expérimentation du calcul de modèle a l'avantage d'être abordable par tous, et transmissible par simple copie, celle d'un programme informatique et d'une théorie. Elle peut donc constituer à elle seul un véhicule pour transmettre un argumentaire, autrement dit un vecteur pour la propagande.

3) Modèle économique

Nous dirons que le modèle est économique, lorsqu'il introduit une gestion de ressources disponibles pour des entités autonomes. Les modèles simulant des phénomènes physiques et appliquant les lois physiques de conservation de quantités de matières, de masse, d'énergie... qui peuvent être considérés comme autant de ressources, ne sont pas des "modèles économiques" car ces ressources ne sont pas mise à disposition d'entités autonomes. Un modèle économique est d'abord un modèle sociologique.

4) Modèle économique libérale et capitaliste

Au XXième siècle apparaît une tentative de justifier le libéralisme-économique scientifiquement par l'expérimentation de modèles, selon une méthodologie comparable à celle présente ici, et qui produit le néolibéralisme, une forme encore plus redoutable du libéralisme qui se base sur la concurrence libre et non faussée partout. Imaginer les dégâts qu'un tel concept a pu causer sur l'ensemble de la société et qui persiste jusqu'à nos jours dans ses méfaits. Alors si nous empruntons cette même voie, gardons nous de produire de tel désastre. D'un point de vue philosophique, nous pensons que la science n'est ni bonne ni mauvaise, que c'est son usage qui est souvent mal intentionné, sert des intérêts particuliers au détriment de l'intérêt général, est aveugle des nécessités aussi bien matériels qu'éthiques, que le pouvoir dogmatique qu'elle peut procurer en certaine circonstance est toujours une usurpation, et que le pouvoir technologique qu'elle engendre constitue, comme tout pouvoir, un élément corrupteur majeur. Aussi faisons nous nôtre, cette maxime de F. Rabelais : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme".

La sommes des intérêts particuliers produit quoi ?. C'est à cette question que s'attachent les travaux des économistes libéraux contemporains, plus enclin à défendre l'existant qu'à proposer des alternatives. Nous allons dans un premier temps explorer ce point de vue libéral et capitaliste pour mieux en comprendre les rouages, sans s'intéresser à la question du travail ni à celle de l'écologie. La question du travail est pourtant la question politique centrale, l'enjeu majeur, concernant chacun d'entre nous, alors que les acteurs du monde des affaires représentent une infime minorité. Et la question écologique place l'homme dans des harmonies profondes qui lient son destin au monde. Passer à coter de ces deux clefs va nous faire quitter les enjeux du monde réel pour aller vers celui du jeu. Et c'est justement un jeu, X2 "The Threat" réalisé en 2003 par la société Egosoft, qui vient illustrer remarquablement ce propos, et qui constitue un ingénieux vecteur de l'idéologie libérale et capitaliste.

Ce jeu, à la fois de commerce, de voyage, de production, de guerre, constitue une forme idéalisée de modèle libéral et capitaliste. C'est un jeu de rôle, on y joue un personnage, à la fois mercenaire, négociant, producteur. Les usines sont des stations spatiales automatisées, il n'y a donc pas de travailleur ni de problème lié au travail. Et trouvaille du jeux, la Terre a disparue, ce qui supprime, de faite, une grande partie de la problématique écologique. C'est vrai, pourquoi s'emmerder avec toutes ces questions de protection de la nature, de pollution..., fallait y penser, supprimer la Terre. De plus, comme le moteur du jeu qu'est l'intérêt privé peine à donner un sens valable au jeu, qu'il faut pour cela plonger dans des causes plus corsée, des nourritures plus épaisse, plus imagées, qui font intervenir d'autres pans de l'irrationnel, la recherche de la Terre disparue devient cette cause, cette quête du Saint Graal, et donne au jeux une portée symbolique capable de réconcilier le joueur avec l'esprit mercantile du jeu.

Le modèle économique, est dit "libéral" lorsque les entités qui la composent possèdent la liberté de créer des sociétés et d'échanger des titres et des biens, sans qu'il n'y ait de contrainte imposé par l'intérêt générale et que celui-ci peut-être restreint au minimum. Les entités représentent l'intérêt privée, et l'Etat représente l'intérêt générale qui est alors restreint à un cadre normatif minimaliste comprenant les 4 fonctions régaliennes traditionnelles : police, justice, armée et monnaies.

Et le modèle économique est dit "capitaliste" lorsque les entités peuvent accumuler du capital de façon illimitée par la création et l'appropriation de sociétés et par l'activité bancaire.

Extrait de l'ouvrage "Le nouvel Esprit du Capitalisme" de Luc Boltanski et Eve Chiapello :

Le capitalisme en sa définition minimale est une exigence d'accumulation illimité du capital par des moyens formellement pacifiques. C'est la remise en jeu perpétuelle du capital dans le circuit économique dans le but d'en tiret un profit, c'est-à-dire d'accroître le capital qui sera à son tour réinvesti, qui est la marque première du capitalisme et qui lui confère cette dynamique et cette force de transformation qui ont fasciné ses observateurs, même les plus hostiles.

L'accumulation du capital ne consiste pas en un amoncellement de richesses - c'est à dire d'objets désirés pour leur valeur d'usage, leur fonction ostentatoire ou comme signes de pouvoir. Les formes concrètes de la richesse (immobilier, biens d'équipement, marchandises, monnaie, etc.) n'ont pas d'intérêt en soi et peuvent même constituer, du fait de leur manque de liquidité, un obstacle par rapport au seul objectif qui importe vraiment : la transformation permanente du capital, de biens d'équipements et d'achats divers (matières premières, composants, services...) en production, de production en monnaie et de monnaie en nouveaux investissements (Heilbroner, 1986).

Ce détachement du capital par rapport aux formes matérielles de la richesse lui confère un caractère réellement abstrait qui va contribuer à rendre perpétuelle l'accumulation. Dans la mesure où l'enrichissement est évalué en termes comptables, le profit accumulé sur une période étant calculé comme la différence entre deux bilans de deux époques différentes, il n'existe aucune limite, aucune satiété possible comme c'est au contraire le cas lorsque la richesse est orientée vers des besoins de consommation y compris de luxe.

Il est sans doute une autre raison expliquant le caractère insatiable du processus capitaliste, qui est souligné par Heilbroner (1986, p.47 s.). Parce que le capital est constamment réinvesti et ne peut s'accroître qu'en circulant, la capacité pour le capitaliste de récupérer sa mise augmentée d'un profit est perpétuellement menacée, notamment par les actions des autres capitalistes avec lesquels il se dispute le pouvoir d'achat des consommateurs. Cette dynamique crée une inquiétude permanente et offre au capitaliste un motif d'autopréservation très puissant pour continuer sans fin le processus d'accumulation.

Ce faisant, il n'est donc pas nécessaire de poser le principe d'accumulation illimitée du capital, comme un axiome définissant la logique de chaque entité capitaliste, puisque que cela découle en partie d'autres raisons.

Ces modèles sont donc composés d'entités capitalistes qui obéissent à une logique d'accumulation illimitée du capital. Les entités peuvent échanger tout avec tout, librement, selon leur intérêt qui se décline dans le but d'accumuler du capital. On serait tenté d'ajouter d'autres buts, des buts hédonistes, créateurs, idéologiques, irrationnels..., ce qui correspond plus à la réalité quand on joue petit, mais lorsque on joue gros, les faits nous montrent le contraire, la logique du capital s'impose sur celle plus propre à l'homme, faisant que plus rien n'est laissé au hasard ni à l'inspiration, et que le but d'accumulation du capital constitue bel et bien le seul et unique but. La cause n'en est même pas redevable au détenteur du capital. Tout est délégué, sous-traité, contrôlé selon la logique du système dans le but de renforcer et non de contenir, et la logique du système capitaliste s'impose alors.

Le modèle pour être pertinent et simuler des mondes économiques davantage révélateur des facettes de la réalité, devra ajouter d'autres logiques, d'autres idéologies, et reconsidérer la problématique des échanges, intégrant des barrières naturelles et réglementaires, des mécanismes de régulations, différents moeurs et coutumes, ainsi que des logiques de groupes, des stratégies collectives de fidélités, de solidarités ou de conformismes, et devra intégrer des schémas de circulation de l'information-désinformation à travers différents cercles, différents réseaux de connaissances, propres aux sociétés humaines. Il sera nécessaire de modéliser les mécanismes de prise de décisions d'un groupe, de modéliser l'élaboration de stratégies collectives à différents niveaux d'échelle en défrichant une partie encore inexploré de la théorie des jeux.

5) Les différentes sphères de pouvoir

On peut se demander s'il n'y a pas quelque chose de pathologique dans cette recherche d'accumulation illimité du capital. Une sorte de folie des grandeurs pour devenir le maître du monde. Le capital est dématérialisé, il comprend de la monnaies, des titres qui correspondent à des droits de tirage, d'autres titres qui correspondent à la propriété de société, de banque, et il comprend des titres qui correspondent, à des locations, à des prêts, à des contrats, à des droits coercitifs sur des tiers portant sur le futur, à des propriétés sur des éléments préexistants, etc... En cela, le capital représente un pouvoir qui ne se limite pas à la sphère économique tel que naïvement on peut la concevoir, ou plus exactement que la sphère économique a tendance à s'agrandire en absorbant en partie les autres sphères.

Le capital est donc un pouvoir économique au contour flou qui a tendance, une tendance commune à tous les pouvoirs s'il n'est pas contrôlé et contenu, à absorber par influence et corruption tout ce qui l'entoure pour se renforcer, tel un trou noir. Alors si nous pouvions sommer ces pouvoirs économiques en une valeur, en un nombre, cette propriété d'absorption pourrait être caractérisée par une constante universelle qui caractériserait ainsi le pouvoir d'influence et de corruption du pouvoir, et pourrait permettre de définir un loyer du capital, un loyer certes maléfique mais naturel en quelque sorte. Et si nous supposions de façon surréaliste que dans notre univers le pouvoir économique est limité par une borne indépassable, nous pourrions alors par intégration définir un étalon de ce pouvoir qui pourrait donc servir d'étalon du capital.

Dans cette simplification grossière qui consiste à considérer que tous les pouvoirs économiques sont, non seulement comparable, mais sommables en une valeur numérique, la création de richesse reste toujours située dans les processus de transformation réel, les processus de consommation-production, localisés dans les outils de production (usines, manufactures, artisanats, exploitations de ressources naturelles....). Elle s'évalue en ajoutant la valeur de ce qui a été produit et en soustrayant la valeur de ce qui à été consommé. Mais cela ne permet toujours pas de l'évaluer objectivement, car la valeur dont il est question ici découle toujours de la somme des subjectivités individuelles pondérées par leur pouvoir économique. On met simplement l'accent sur la transformation physique, sur la création de biens physiques qui constituent à leur tours des outils de production. Il n'y a pas d'autre source de richesse au sein de la sphère économique, mais il existe des transferts de pouvoir sortant ou entrant dans la sphère économique :

Par exemple, l'utilisation de ressources naturelles traduit un transfert de pouvoir de la sphère des ressources naturelles vers celle de l'économie, et l'inventeur qui découvre le procédé d'utilisation de cette ressource traduit un transfert de pouvoir de la sphère des sciences vers la sphère économique.

Autre exemple, un changement régressif du statut des salariés va brutalement augmenter le pouvoir de la production ce qui se traduira par une augmentation du pouvoir économique, une augmentation du capital (la valeur de la propriété des outils de production) sans qu'il n'y ait de baisse de richesse ailleurs. Tout se produit comme si de la richesse avait été créée. En fait cette richesse provient d'un transfert de pouvoir de la sphère non économique, du droit des personnes, vers la sphère économique. Réciproquement la réduction des heures de travail pour le même salaire va diminuer le pouvoir de la production ce qui se traduira par une diminution du pouvoir économique, du capital. Tout se passe comme si de la richesse avait été détruite dans la sphère économique. En fait cette richesse a quittée la sphère économique, pour aller dans la sphère du droit des personnes, augmentant ainsi un autre pouvoir, le pouvoir des personnes, un pouvoir qui ne se monnaye pas.

Autre exemple, la réunion de deux pouvoirs économiques donnera un pouvoir plus important que la somme des deux. Car l'union va accroître des pouvoirs d'influences et de corruption situés dans la sphère économique et qui s'établiront au détriment des autres pouvoirs issus aussi bien de la sphère économique que des autres sphères. Cela se traduit donc aussi par un transfert de pouvoir des sphères non économiques vers la sphère économique. Réciproquement la séparation des pouvoirs économiques, imposées par des règles, va réduire les influences et les corruptions, et redonner l'autonomie aux autres pouvoirs ce qui se traduira par un transfert de pouvoir de la sphère économique vers les sphères non économiques.

Il va s'en dire que si nous laissions la sphère économique absorber les autres sphères, elle deviendrait une sphères totalitaire qui n'aurait d'économique que son nom.

6) La sommabilité des pouvoirs économiques

Mais rien ne nous permet de sommer ces différents pouvoirs économiques en une valeur, en un nombre sur une échelle ordonnée. C'est là précisément qu'interviennent nos prédécesseurs néolibéraux avec leur tentative de fonder scientifiquement le libéralisme, leur travaux de modélisation pour définir cette valeur, une valeur marchande, fondée sur la notion subjective d'utilité, et la concurrence libre et non faussée (libre signifiant ici qu'elle se manifeste partout), qui unifie cette valeur marchande. La valeur devient ainsi l'indicateur maître de cette logique néolibérale, qui permet de comparer, de jauger, et avec laquelle chaque entité va pouvoir choisir parmi toutes les actions qui lui sont possibles celle qui produira la plus grande valeur pour elle et selon elle. Il s'agit là d'une réduction totalitaire qui consiste à supposer que tout est comparable et de valeurs sommables sur une échelle ordonnée, et finalement à ramener tout à une seul valeur, à un seul indicateur numérique. Il s'en suit que cet indicateur représente une notion quasi-mystique, qu'il est plus juste d'appeler Pouvoir économique que Valeur, et que cela constitue même un non-sens moral, car le pouvoir sur le plan moral n'a pas de valeur, c'est même une anti-valeur.

Si nous concédions que tout est comparable et de valeur sommable numériquement sur une échelle ordonnée, tout pourrait alors être évalué en une valeur, reste que nous n'avons pas définie d'unité, pas d'étalon, et que toute définition objective semble impossible. Il y a un élément irrationnel incontournable dans la notion de valeur, que ce soit l'aspect subjectif de la notion d'utilité invoquée par les néolibéraux ou simplement l'aspect indomptable de la raison de vivre. Il y a donc bien quelque chose qui cloche. En fait, des éléments de réponse sont apportés dans les modèles eux-mêmes de nos détracteurs.

La question se reformule ainsi : Comment définir la richesse, la puissance économique, ou le pouvoir économique, de façon quantitative et objective, afin de pouvoir comparer la richesse de sociétés différentes à différentes époques. Cela n'est tout simplement pas possible car les cultures, les lois et ce à quoi on accorde de la valeur, diffèrent d'une société à l'autre et d'une époque à l'autre, d'un système de pensée à l'autre, rendant impossible la comparaison quantitative.

Mais d'un point de vue purement libérale et capitaliste, et pour des sociétés soumises à cette logiques, cela est rendu possible, par le même procédé décrit dans ces modèles, et qui fait que dans une société libérale et capitaliste, l'entité peut tout évaluer selon un unique indicateur subjectif propre à son intérêt particulier, et que le marché basé sur la concurrence libre et non faussée (c'est à dire libre de s'imposer partout), en donne la résultante. Il est nécessaire pour cela de regrouper les deux sociétés que l'on veut comparer, et d'établirent les liens économiques et d'information d'importance suffisante pour réduire les fluctuations dû au hasard des liens initiaux, sur ce mode idéologique d'échange dit néolibéral entre les deux sociétés, et perdurant suffisament longtemps pour pouvoir atteindre un état d'équilibre, en laissant opérer la logique des entités pour une recherche de profit maximum. Faut-il encore que les différentes législations s'entendent pour permettre ces échanges nécessaires et que le système économique résultant soit stable.

L'état d'équilibre une fois atteint, on peut alors mesurer la richesse de chaque entité et donc de chaque société définie comme ensemble d'entités, en négligeant les transfères d'entité entre les deux sociétés. On remarquera alors en expérimentant ces modèles que le résultat n'est pas transitif, qu'une société A peut posséder un pouvoir économique plus grand que la société B qui elle même peut posséder un pouvoir économique plus grand que C et qui elle même peut paradoxalement posséder un pouvoir économique plus grand que A. Ce qui ne présage pas du résultat si on compare simultanément les trois sociétés.

Ainsi la comparaison du pouvoir économique entre deux sociétés libérales et capitalistes sera possible, mais pas leur valorisation objective sur une échelle ordonnée. La comparaison équivaut à une guerre économique, et la conclusion de cette guerre est une forme moderne de colonisation qui consiste à détenir les capitaux et donc la plus grande partie du pouvoir. La démonstration comme quoi les pouvoirs économiques ne sont pas sommables en une valeur numérique est faite simplement par le constat de cette non transitivité appelé l'effet pierre-papier-ciseau, un paradoxe qui apparaît obligatoirement lorsque la richesse dans une démeusure qui lui est ontologique s'accaparent les attributs de la puissance.

7) L'entité capitaliste

L'entité est illusoirement purement rationnelle, elle ne conçoit pas sa mort et est donc éternelle. Le but n'est pas d'acquérir une grande quantité de capitaux durant un certain temps, mais d'acquérir une quantité illimité de capitaux, nécessitant de faite un temps infini. Il s'agit d'un but perpétuel. Une recherche de profit maximum et permanent, en un temps indéterminé, mais plus le temps est long et plus les événements sont incertains. Le but n'est pas d'avoir cette valeur à un moment donnée, et durant un certain temps, et de ne plus l'avoir après. Il s'agit d'une quête sans fin vers une valeur infinie....

 

II) Description du modèle

1) Un modèle économique le plus simple

Commençons par le simplifier en supprimant le travail et l'écologie, un modèle sans travailleur ni contraintes d'ordre écologique qui met en oeuvre une production et un marché avec une monnaie et une redistribution.

On commence par d'écrire l'économie réel du modèle c'est à dire les règles qui déterminent les flux et transformations des biens matériel et des usines dans le modèle. On pose que la production est totalement automatisée, qu'il n'y a pas de travailleur, et on pose que les ressources naturelles nécessaires à la production sont illimitées. On conçoit ainsi un modèle économique parmi les plus simples possibles, introduisant les concepts de biens, d'usines, de monnaies, et d'entités à la fois productrices et consommatrices.

Ainsi on s'évertue à appliquer le principe du moindre choix arbitraire.

Le modèle comprend 7 règles décrivant l'économie réel du modèle :

2) L'économie réel du modèle :

Les règles déterminant les flux d'usines et de biens

  1. On ne conçoit qu'un seul type d'usine et un seul type de bien.
     
  2. On ne pose aucune géographie, pas de distance, pas de transport, aucun stockage, les biens produits dans la journée sont périssables et doivent être vendus et consommés dans la journée.
     
  3. Il y a un nombre NE d'entités. Les entités ont des niveaux de vies différents, le bien de luxe correspond simplement à une quantité plus grande d'unités de biens et est consommé dans la journée. Les entités peuvent posséder des usines et de la monnaie.
     
  4. Le nombre de biens produits dans une usine par jour est WU. L'usine est automatisée et ne consomme rien.
     
  5. La construction d'une usine demande CU biens. Et l'usine vie TU jours. Une entité ne construit pas de seconde usine avant d'avoir fini la construction de la première. Ainsi chaque entité i construisant une usine est caractérisée par ce[i] le nombre de biens qui a été pour l'instant utilisé à sa construction, et le nombre te[i] de jours d'existence. Et chaque usine construite j est caractérisée par le nombre tu[j] de jours d'existence.
     
  6. Il existe une masse monétaire de NF francs, et chaque entité numérotée i possède une part nf[i].
     
  7. Chaque jour, l'entité exécute trois actions :
     1- Achat de biens.
     2- Répartition des biens entre consommation personnelle et construction d'usines.
     3- Fixation du prix de vente des biens produits par ses usines.

Notez qu'il n'y a pas de capitalisation possible autre que par accumulation de monnaie et d'usine.

La construction d'une usine ne nécessite que de biens matériels et n'est soumise à aucune contrainte de temps.

Néanmoins la construction d'une usine doit pouvoir s'étendre sur plusieurs jours, car les biens étant périssables, ils ne peuvent pas être accumulés, et la construction en un jour d'une usine consommerait trop de biens en une seul fois par rapport aux biens pouvant être produits en un jour.

Le paramètres CU désigne la quantité de biens nécessaires pour construire une usine. Lorsqu'il n'y a pas assez de biens disponibles, la construction attend les jours suivant l'arrivage de nouveaux biens pour continuer. Elle reprend là où elle en était, mais l'usine à vieillie. On remarque alors que le temps qui s'écoule constitue une valeur à part, non monnayable.

Le paramètre TU caractérise le temps de vie d'une usine, compté à partir de son premier jour de construction, donc avant même que sa construction soit achevée, ceci pour éviter qu'une construction inachevée puisse constituer un bien qui ne vieilli pas, et qui pourrait être ainsi accumulé. TU caractérise ainsi l'usure de l'usine par détérioration, ou plutôt par vieillissement, qui a toujours lieu même si l'usine ne fonctionne pas, et même si l'usine n'est pas encore complètement construite.

On ne peut pas accumuler de la richesse matérielle, car les biens sont périssables en un jour et les usines sont périssables en TU jours. La seul richesse qui peut être accumulée est ici monétaire et représente un droit de tirage qui pourra être exercé dans le futur. Faut-il encore que dans le futur il y ait de la richesse matérielle produite.

3) L'échange, le commerce et la propriété

Le commerce et d'une manière plus générale l'échange, aussi vieux que le langage existe, nous replonge avant même le début des civilisations. On peut dire que cette activité existe depuis que le monde est monde.

Le commerce sous-entend la notion de propriété. Et il existe plusieurs notions de propriété, comme autant de droits spécifiques imaginables qu'il peut y avoir sur les objets.... La propriété personnelle se généralise naturellement en propriétés collectives, partagée par plusieurs personnes, et aussi en propriété de tous, ce qui constitue alors une non propriété ou plus exactement une chose qui ne peut devenir la propriété exclusive de quelqu'un....

Parcontre l'échange, plus générale, n'est pas nécessairement de nature commerciale. Il peut s'établir en dehors de toute notion de propriété. Les acteurs y deviennent alors des vecteurs de transmission et de réception aux rôles subtils portés par d'autres éléments que ceux relatifs à la propriété, tel que la symbiose, comme le montre la nature dans ses échanges.

4) L'indifférenciation des biens et la non auto-alimentation des entités

Dans ce modèle, les consommateurs sont potentiellement des producteurs. Un modèle plus simple existe alors où chaque entité est auto-alimentée, c'est à dire où les biens produits par l'entité sont consommés par la même entité pour en assurer sa croissance, et où il n'y a donc plus besoin de marché ni d'échange. Néanmoins ce modèle est trop éloigné de la réalité. Les entreprises contemporaines ne sont pas auto-suffisantes, elles se spécialisent pour augmenter leur puissance de production à moindre coût et à moindre travail, et elles ne produisent qu'une infime parties de ce qu'elles ont besoin. Elles ont donc recours essentiellement au marché pour s'approvisionner.

Pour cette raison on oblitère la possibilité de s'auto-allimenter en prétextant que la diversité des demandes, qui n'est pas détaillée dans le modèle, exige que l'essentiel des consommations, qu'elles soient de nécessité, de luxe ou de construction, doit passer par le marché, c'est à dire doit être préalablement achetées sur le marché.

L'indifférenciation des biens va occulter toutes les problématiques relatives aux transformations croisées successives des produits et à leur marchés respectifs, qui pour prima-raison ne nous intéressent pas maintenant. Seuls les concepts de finance, de production générale, et de démographie sont misent en avant.

5) Les outils de production

La technologie fait qu'il existe des machines, appelées usines, capable de produire des biens avec un minimum de travail et en grande quantité. L'intérêt de la concentration consiste en cette réduction du travail. Dans notre modèle, l'usine est très coûteuse car elle constitue un procédé de construction automatique sans travail. Cela explique pourquoi la production a tendance à être concentré sur un petit nombre d'usines.

Mais l'évolution technologique se faisant, la construction des usines devient moins onéreuse, la production peut se miniaturiser et se répartir sur un plus grand nombre d'usines.

L'usine doit être matériellement rentable c'est à dire qu'elle doit produire plus de biens qu'elle en a consommé pendant sa construction.

La construction de l'usine consomme un nombre conséquent de biens et peut nécessiter un nombre conséquent de jours du fait de la pénurie des biens. La construction d'une usine nécessite CU=1000 biens. On a pas mis d'exigence de temps à la construction de l'usine. Si tous les biens nécessaires à la construction de l'usine sont disponibles en un jour, l'usine est construite en un jour.

La production de l'usine est de WU=30 biens par jour pendant TU=800 jours.

Chaque usine n'appartient qu'à une seul entité à la fois. Ces entités sont à la fois productrices et consommatrices. Les entités qui ne possèdent pas d'usine sont seulement consommatrices.

La consommation est causée d'une part, par le train de vie des entités, et d'autre part, par la construction d'usines.

6) Les taxes, l'impôt et le revenu universel

Dans notre modèle, il n'y a pas de travail, et toutes les entités ne sont pas productrices. Il faut donc une source de revenu pour les entités non productrices. On met en oeuvre un revenu universel qui est financé par les taxes de production, les taxes à la vente et par l'impôt sur le revenu, ce dernier impôt ayant comme seconde fonction de réduire les inégalités.

La taxe à la vente est un pourcentage sur le prix de vente fixé à 15%

La taxe de production est déterminé par une durée fixée, le temps necessaire pour payer sous forme de taxe le prix des biens nécessaires à la construction de l'usine en se basant sur le prix moyen actuel des biens.

L'impot sur le revenu est au départ nulle, puis il évolue afin que la caisse de l'Etat soit nul, ou autrement dit afin de ne pas modifier la masse monétaire en circulation.

7) Le marché libre et l'égalité entre les consommateurs individuels

Dans le cas du marché libre, le prix des biens produits par une usine est fixé librement par l'entité détentrice de l'usine. Un tel marché ne peut pas fonctionner efficacement si le détenteur des usines est en situation de monopole, ou ce qui revient au même, en situation d'entente avec ses concurrents, ce qui est matériellement impossible à vérifier. Dans la réalité de nombreux accords peuvent déterminer le prix, selon une équation plus ou moins complexe, ménageant divers logiques, mises en oeuvre par différents acteurs. La fixation du prix de vente garantie qu'il soit identique pour tous les clients. Cette règle d'égalité entre les consommateurs individuels est propre aux sociétés de consommation contemporaine. Elle résulte du fait que la production en question est mutualisée (produite en grande quantité) et est donc en mesure d'établir un prix global, alors que le consommateur, pris individuellement, n'est pas en mesure de négocier d'égal à égal.

Il pourrait en être de façon inversée, cela consiste à fixer non pas le prix de vente mais celui d'achat dans un marché où la demande jouerait le rôle de l'offre. Il faut néanmoins pour cela que la demande soit mutualisée comme l'est par nature l'offre puisque produite en grand nombre. Mais on s'apercevra très vite que ce n'est pas sur ces questions que se jouent les véritables enjeux idéologiques. Et ne soyez pas surpris qu'il y ait des enjeux idéologiques, car même dans cette concession dialectique très avancée, les enjeux idéologiques et leurs ruptures persistent et s'y insinuent, et c'est en comprenant leurs logiques que l'on sera plus amènes d'en avoir une conscience libre qui ne soit pas qu'illusion ou conformisme.

L'égalité entre les consommateurs individuels va plus loin qu'une simple égalité des chances, elle affirme qu'ils ne sont pas en concurrence. La concurrence est mise en oeuvre uniquement sur l'offre, les demandes ne sont pas concurrentielles comme a contrario c'est le cas dans une vente aux enchères. La règle est donc "le premier demandeur est le prermier servi", sachant que c'est le hasard qui déterminera qui est premier.

8) Prix de vente unique

Pour simplifier l'offre, on considère que l'entité productrice n'établit qu'un seul prix de vente chaque jour, pour l'ensemble des biens produits par ses usines. C'est à dire que l'entité ne possède qu'un seul comptoir, lieu de vente virtuel, où le prix du bien est fixé librement, mais doit être fixe dans la journée qui correspond à la duré de vie des biens, et égale pour tous les consommateurs.

9) Protocole d'achat

Pour formaliser la demande, on considère que l'entité consommatrice décide à l'avance d'un protocole d'achat pouvant moduler la quantité de biens qu'elle souhaite acquérir en fonction du prix proposé. La forme la plus simple étant l'achat de biens pour une somme donnée, c'est à dire que l'on achète les biens proposés jusqu'à épuisement de cette somme.

10) Le marché d'offres concurrentielles

Chaque jours les entités productrices soumettent leurs offres qui sont triées du prix le plus bas au prix le plus élevé, et qui sont divisées pour être vendu séparément un bien par un bien. Puis chaque entité consommatrice soumet une demande avec une stratégie d'achat simple. Le marché se résout à égalité pour les demandes.

Les biens sont distribués à partir du prix le plus bas, un à un, sur chaque demande dans un ordre au hasard, à l'exception des demandes satisfaites. Et une demande est satisfaite lorsque son protocole d'achat le proclame.

La concurrence est mise en oeuvre uniquement sur l'offre, les demandes ne sont pas concurrentielles comme a contrario c'est le cas dans une vente aux enchères.

11) Pas d'échange d'information

Une simplification fondamentale consiste à ne considérer aucun échange d'information. L'entité n'a donc pas d'information sur la distribution des prix des offres. L'entité n'a de connaissance que de la transaction qu'elle mène et que de celles qu'elle a passées, c'est à dire qu'elle ne connait que le prix du bien proposé à la vente et les prix des biens qu'elle a déjà acheté.

On conçois ainsi un modèle de marché libre d'offres concurrentielles, particulièrement simple décrit par 6 règles :

12) Le marché libre d'offres concurrentielles :

Les règles déterminant l'achat et la vente des biens sur le marché

  1. Chaque entité productrice met en vente la totalité de sa production selon un prix unique fixé pour la journée, qu'elle détermine librement.

  2. Chaque jours les entités productrices soumettent leurs offres, qui sont triées du prix le plus bas au prix le plus élevé, et qui sont vendu séparément un bien par un bien.

  3. Chaque entité consommatrice soumet une demande avec un protocole d'achat fonction du prix de vente proposé.

  4. Le marché se résout une fois les offres et demandes établies. Les biens sont distribués à partir du prix le plus bas, un à un, sur chaque demande dans un ordre au hasard, à l'exception des demandes satisfaites. Et une demande est satisfaite lorsque son protocole d'achat le proclame.

  5. L'information qu'acquière l'entité consommatrice concernant les transactions consiste uniquement dans le prix de vente de chaque bien acheté ou en cours d'achat, et de l'éventuelle pénurie vis-à-vis de sa demande.

  6. L'information qu'acquière l'entité productrice concernant les transactions consiste uniquement dans le nombre des biens vendus par l'entité, et le nombre des biens invendus par l'entité.

Pour simplifier davantage, on peut réduire encore la quantité d'information qui sera exploitée. Les seuls informations collecté par l'entité consiste alors, chaque jour, en quatres valeurs, 2 valeurs concernant sa consommation, et 2 valeurs concernant sa production :
        1- Le prix moyen d'achat effectué par l'entité.
        2- Si oui ou non il y a eu pénurie vis-à-vis des demandes de l'entité.
        3- Le prix de vente choisi par l'entité. (Ce n'est pas une information nouvelle mais elle est mémorisée.)
        4- Le nombre des invendus par l'entité.

13) Le comportement des entités

La modélisation du comportement est la partie la plus arbitraire et la plus délicate à établir.

L'entité capitaliste va rechercher comment obtenir le gain maximum en un temps minimum et avec un risque minimum mettant ainsi en exergue 3 critères d'optimisation que sont le gain, le temps, et le risque. Le comportement capitaliste est donc caractérisé par trois poids comportementaux que sont l'attrait du gain PG, l'attrait de la rapidité PR, et l'attrait de la sécurité ou du moindre risque PS. Mais cela ne suffit pas à caractériser le comportement de l'entité. L'entité est également un consommateur, et ce comportement se caractérise par un poids représentant l'attrait à la consommation PC et par un niveau de satiété NS. Car cet attrait dépend du niveau de consommation, il est primordial lorsque la consommation est vitale, il est important lorsqu'elle correspond au niveau de vie, et il devient nul lorsque la consommation atteint un niveau de satiété.

L'entité met en oeuvre un modèle spécifique qui lui est propre, avec seulement les informations dont elle dispose, lui permettant de pronostiquer sa situation future en fonction des choix qu'elle fait, avec probabilité, c'est à dire une moyenne qu'est l'espérance de gain et un écart-type qui représente le risque, et pour différentes périodes de temps. On résout alors le modèle selon les trois poids comportementaux capitalistes PG, PR, PS, et selon le poids comportemental de consommation PC et le niveau de satiété NS. La résolution peut se faire directement si le modèle est simple ou par tâtonnement selon la méthode de Newton, et permet ainsi de déterminer les choix de l'entité capitaliste.

Mais pour appréhender ces modèles, percevoir ce qui est important et en dévoiler les concepts dans l'ordre de leur apparition, on commence par mettre en oeuvre un modèle comportemental plus rudimentaire basé sur le seul hasard.

14) Le comportement aléatoire des entités :

Les règles déterminant le comportement des entités

  1. L'entité à besoin de consommer au minimum NBmin biens par jour.

  2. L'entité qui devient productrice propose un prix de vente initial égal à 0.

  3. L'entité fait varier sont prix de vente aléatoirement entre -DP et +DP. Mais le prix doit être supérieur ou égale à zéro.

  4. L'entité désigne au hasard une somme d'achat dans la limite de ses fonds disponibles. Le protocole d'achat consiste à acheter jusqu'à épuisement de cette somme.

  5. L'entité désigne au hasard une quantité de biens comprise entre NBmin et la quantité totale de bien qu'il a acheté, qu'il attribut pour sa consommation personnelle, le reste est utilisé pour la constructions d'usines.

Dans le modèle libérale, le prix de mise en vente n'est pas fixé, mais librement décidé par son propriétaire. L'évolution du prix est faite au hasard, mais avec une amplitude limitée inférieur ou égale à ±DP=1 par jour. Cette limitation peut être considérée comme une réglementation imposée par l'Etat. En limitant l'amplitude des variations journalière du prix de vente, on évite ainsi de devoir imposer des bornes arbitraires aux prix de vente. La première offre est de prix nulle, C'est une offre promotionelle, on rase gratis. Les suivantes devront être supérieures ou égales à zéro.

15) Le rôle de redistribution de l'Etat

Les entités qui ne sont pas propriétaire d'usines n'ont pas de revenu. Pour pallier à cet écueil, l'Etat assure un revenu universel à toutes les entités. Ce revenu est financé par l'impôt sur le revenu, les taxes à la vente et les taxes de production. Le revenu universel est posé égal aux prix des biens jugés nécessaires par jour, pour permettre à chaque entité de vivre correctement. L'impôt finance ce revenu universel, il est donc ajusté en conséquence.

Dans ce modèle particulièrement simple la progressivité de l'impôt sur le revenue n'est pas encore mise en oeuvre, il est à pourcentage constant. Et on distingue deux taxes, une taxe à la vente et une taxe de production.

16) L'Etat :

Les règles déterminant les impôts

  1. Le prix moyen d'un bien acheté MA est calculé.

  2. Le revenu universel R est réajusté égale à MA*NBmin.

  3. La taxe de production par usine en fonctionnement est fixée à MA*CU/(20*100)
     
  4. La taxe à la vente est fixée à 15% du prix de vente.
     
  5. Les impôts sur le revenue sont augmentés d'un point si nous avons une caisse négative et inversement les impôts sont diminués d'un point si nous avons une caisse positive.

A ce stade, le modèle peut fonctionner, on peut le programmer pour en faire une expérimentation exacte. Et nous allons encore affiner les concepts en les mettant à l'épreuve de la programmation, puis à l'épreuve de la simulation que nous préférons appeler expérimentation exacte.

Mais avant de commencer la programmation, nous devons tenir compte dans notre analyse de deux phénomènes macroscopiques majeurs que sont l'évolution technologique et l'évolution démographique, et finalement du pourquoi ils peuvent ne pas intervenir.

17) L'évolution technologique

Dans notre modèle, la technologie est caractérisée par 3 paramètres que sont :

CU=1000
TU=800
WU=30

On considère une origine des temps t=0 correspondant à la date où démarre la simulation. A la fin de chaque jour, t est augmenté de 1.

On perfectionne le calcul de ces paramètres en les faisant dépendre du temps t. Dans notre approche, ces paramètres évoluent exponentiellement. En effet, de multiple raisons sur la nature des sciences et des techniques confèrent à cela. Leur évolution est donc caractérisée par leur valeur à l'origine des temps que l'on renote CU, TU, WU, et par les durées nécessaires au doublement de leur valeurs notés respectivement CU2, TU2, WU2. Leur valeur à l'instant t se note CU_, TU_, WU_.

On ajoute à cela les progrès de la miniaturisation, faisant que l'usine peut être décomposée en deux petites usines, au bout d'une duré MI2 d'évolution technologique. Le modèle choisie la mise en oeuvre de cette miniaturisation. En effet de multiples raisons d'ordre sociologique confèrent à cela. Les caractéristiques technologiques de nature extensive sont donc divisées par 2 au bout d'une durées MI2.

On ajoute à cela l'évolution culturelle vers la construction d'usines jetables, qui tend à réduire le temps de vie des usines construite par rapport à ce que la technologie pourrait permettre, réduisant par 2 ce temps de vie au bout d'une durées UJ2.

Les caractéristiques technologiques fonction de la date t se calculent alors ainsi :

CU_ = CU * 2t*(1/CU2 - 1/MI2)
TU_ = TU * 2t*(1/TU2 - 1/UJ2)
WU_ = WU * 2t*(1/WU2 -1/MI2)

La puissance de production double tous les 10 ans. Le temps de vie des usines doubles tous les 10 ans. Le nombre de biens nécessaires pour la construction double tous les 10 ans. CU2 = 1000, TU2 = 1000, WU2 = 1000. La miniaturisation fait que la puissance de production d'une usine est divisé par 2 tous les 10 ans, et que le nombre de biens nécessaire pour la construction d'une usine est divisé par 2 tous les 10 ans. Le culte du jetable réduit par 2 le temps de vie des usines tous les 10 ans. MI2 = 1000, UJ2 = 1000.

Les paramètres CU2, TU2, WU2, MI2, UJ2, choisis tous égaux à 1000, s'annulent et n'ont aucun effet sur l'évolution technologique. On les modifiera plus tard.

Les caractéristiques technologiques d'une usine sont déterminées au début de sa construction et n'évoluent pas par la suite.

18) L'évolution démographique

L'évolution démographique est caractérisée par une probabilité de disparition P0, une probabilité d'inchangement P1 et une probabilité de dédoublement P2 pour chaque entité et chaque jour.

Nous avons P0+P1+P2=1.

On pose P0 =0.01 et P2 = 0.01

Les paramètres P0 et P2 choisis égaux à 0.01, s'annulent et n'ont aucun effet majeur sur l'évolution démographique. On les modifiera plus tard.

Lorsque l'entité disparaît, la monnaie et les usines de l'entité sont redistribuées aux autres entités au hasard.

Lorsque l'entité se dédouble la monnaie et les usines de l'entité initiale sont répartie de façon égale entre les deux entités.

 

III) Les conditions initiales

Les consditions initiales macroscopiques sont définies par 12 valeurs que l'on répartit selon leurs rôles dans différents catalogues, Technologie, Comportement, Imposition, Condition initiales :

---- Technologie ----
WU = 30   Puissance de production.
TU = 8*100 Temps de vie d'une usine.
CU = 1000 Consommation de construction.
---- Comportement ----
NBmin = 1 Nombre de biens nécessaires par jour.
DP = 1 Evolution maximal du prix en un jour.
---- Imposition ----
IMP = 0   Impôt sur le revenu.
TP = 1/(50*100)  Taxe de production (qu'il faut multiplier par le prix estimé d'une usine).
TX = 15/100 Taxe à la vente (qu'il faut multiplier par le prix de vente).
R = MA*NBmin   Revenu universel.
---- Conditions initiales ----
NE = 100  Nombre d'entités (Démographie).
NU = 50   Nombre d'usines (Matière).
NF = 1000000  Masse monétaire en Francs (Finance).

On pose que 1 an égale 100 jours, ainsi la journée dans le modèle correspond a peu près à une demi-semaine dans la réalité.

On commence par le cas simple d'un Etat mettant en oeuvre une monnaie et un marché clos, sans échange avec l'extérieur.

Les distances étant abolies, l'usine n'a pas de lieu spécifique, elle a un propriétaire.

Les consditions initiales microscopiques sont définie suivant le même principe du moindre choix arbitraire. On choisi des conditions initiales microscopiques aux hasard. On procède ainsi : Pour chaque francs, on tire au sort son propriétaire. Pour chaque usine, on tire au sort sont propriétaire. Puis on ajoute 1 usine partiellement construite pour chaque entité.

 

IV) Programmation du modèle

Le modèle se déroule en 4 phases qui sont passées en revue chaque jour dans cet ordre :

Phase
Action
 
 1 
Avant
Chaque entité productive détermine le prix de vente unique pour tous ses biens produits.
Chaque usine produit des biens prévus pour être vendus.
Chaque entité paye une taxe de production pour chacune de ses usines en fonctionnement.
Chaque entité détermine la quantité d'argent qu'elle va utiliser pour acheter des biens.
2
 Résolution 
du marché
On résout le marché.
Chaque entité vendeuse payent les taxes à la vente.
3
Après
Chaque entité répartit ses biens achetés entre construction d'usines et consommation personnelle.
Les usines vieillissent d'un jour.
Chaque entité paye l'impôt sur le revenu.
Chaque entité reçoit le revenu universel.
4
Etat
L'état réajuste le revenu universel selon le coût de la vie.
L'état réajuste l'impot sur le revenu.
L'état réajuste la taxe de production.
L'état réajuste la taxe à la vente.

Un marché est composé d'une liste d'offres, et d'une liste de demandes. La résolution du marché se fait en deux étapes. On trie les offres du moins chère au plus chère. Puis on tire au sort les acheteurs et on satisfait leur demande en leur donnant les offres les moins chères d'abord.

Les transactions peuvent se faire bien par bien, ou par lot de biens de quantité maximale pour un même vendeur et même acheteur, ou encore par acheteur. La première solution est celle qui assure la plus grande répartition mais nécessite un temps de calcul plus long. La dernière solution est celle qui introduit la plus grande inégalité donnant au premier acheteur désigné par le sort la capacité d'acheter tous les biens les moins chères, et donnant au dernier acheteur désigné par le sort les bien les plus chers et l'éventuelle pénurie. La seconde solution est intermédiaire et correspond davantage à une logique de transaction à un comptoir. C'est pourquoi on choisira cette solution.

Le coût de la vie est le prix moyen d'un bien, que l'on peut calculer après la résolution du marché.

//////////// Initialisation //////////////

Pour i = 1 à NE faire
     
nf[i] = 0  // Quantité de monnais.
     nu[i] = 0  // Quantité d'usines en fonctionnement.
    pv[i] = 0  // Prix de vente des biens.

Pour j = 1 à NF faire  // Distribution au hasard de chaque franc.
     Incrémenter
nf[Hasard(1,NE)]

Pour j = 1 à NU faire
     tu[j] = Hasard(0,TU-1)  // Age de l'usine.
     pu[j] = Hasard(1,NE)  // Propriétaire de l'usine.
    nu[pu[j]] = nu[pu[j]] +1  // Nombre d'usine pour le propriétaire pu[j].

Pour i = 1 à NE faire  // L'usine en cours de construction pour chaque entité.
     ce[i] = Hasard(0,CU-1)  // Quantité de bien déjà utilisée.
     te[i] = Hasard(0,TU-1)  // Age de l'usine.

//////////// Phase 1 ///////////////////

Pour i = 1 à NE faire  // Chaque entité ajuste son prix de vente
   
  pv[i] = pv[i] + Hasard(-DP,DP)
     Si pv[i]<0 alors pv[i]=0

Pour i = 1 à NE faire
    
Q[j]=0  // Quantité de bien produit

Pour j = 1 à NU faire 
  
  Q[p[j]] = Q[p[j]] + WU  // Quantité de bien produit

M=[]  // Les offres sur le marché
Pour i = 1 à NE faire
    M.push([i,Q[i],pv[i]])

Pour i = 1 à NE faire
    
nf[i] = nf[i] - nu[i]*TP  // Quantité de bien produit
  
 Si nf[i]<0 alors nf[i]=0

Pour i = 1 à NE faire
    
a[i] = nf[i]*Hasard(0,1)  // Quantité d'argent pour l'achat

//////////// Phase 2 ///////////////////

M.sort(function(a,b){return a[2]>=b[2]})
// Trier M selon l'ordre croissant de la troisième composante de ses éléments.

 

---- 14 janvier 2018 ----

 


D. Mabboux-Stromberg